2007 n’a pas modifié les tendances des années récentes, qui ont été des années d’attente. Le poids des problèmes du passé a subsisté – tensions, crises et conflits n’ont connu ni aggravation ni amélioration décisives, que ce soit au Proche / Moyen- Orient, en Afrique ou en Europe. Les craintes pour l’avenir et un climat de méfiance dominant ont perduré : prolifération des armes de destruction massive et terrorisme constituent toujours des menaces, ponctuelles ici, flottantes là. La mondialisation n’a guère progressé et les effets de la crise américaine des «
subprimes » ont assombri les perspectives économiques. Si le thème du changement climatique a été particulièrement à l’ordre du jour de grandes réunions internationales, aucun accord renforçant le Protocole de Kyoto n’a pu être obtenu. Dans ces conditions, la gouvernance internationale marque le pas : le multilatéralisme est affaibli, que ce soit sur le plan institutionnel ou normatif ; l’unipolarité américaine ne répond pas aux demandes de
leadership international ; la multipolarité inorganisée qui domine conduit autant au désaccord qu’au concert international ; si l’Union Européenne semble en passe de sortir de sa léthargie, son influence internationale demeure fragile ; l’option d’un renforcement de l’axe transatlantique autour de l’OTAN risquerait de réactiver d’anciennes lignes de clivage.
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Après avoir longtemps nié ou minimisé l’existence de changements climatiques, la communauté internationale prend enfin la mesure des événements. Face à la prise de conscience des conséquences économiques, stratégiques et humanitaires des dérèglements climatiques, les discours et les pratiques évoluent. Par exemple, le Président français a fait de nombreuses annonces et les Etats-Unis, à défaut de voir leur position officielle évoluer, sont le théâtre d’une multitude d’actions locales non gouvernementales. Cependant, des difficultés inhérentes au phénomène (imprécisions scientifiques, prévalence du court terme sur le long terme) continuent de favoriser le
statu quo, c’est-à-dire l’inaction des Etats pour prévenir le changement climatique. Le Protocole de Kyoto, loin d’être une solution définitive au problème, doit être salué en tant qu’effort louable pour une coopération mondiale sur la question : il met en place des mécanismes de flexibilité originaux auxquels s’arriment de nombreuses initiatives locales.
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