Terrorisme

Mots-clés du groupe : "Dossiers"

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2007 : grisaille persistante, horizon bouché, température sans changement

AFRI 2008, volume IX
par SUR Serge
2007 n’a pas modifié les tendances des années récentes, qui ont été des années d’attente. Le poids des problèmes du passé a subsisté – tensions, crises et conflits n’ont connu ni aggravation ni amélioration décisives, que ce soit au Proche / Moyen- Orient, en Afrique ou en Europe. Les craintes pour l’avenir et un climat de méfiance dominant ont perduré : prolifération des armes de destruction massive et terrorisme constituent toujours des menaces, ponctuelles ici, flottantes là. La mondialisation n’a guère progressé et les effets de la crise américaine des « subprimes » ont assombri les perspectives économiques. Si le thème du changement climatique a été particulièrement à l’ordre du jour de grandes réunions internationales, aucun accord renforçant le Protocole de Kyoto n’a pu être obtenu. Dans ces conditions, la gouvernance internationale marque le pas : le multilatéralisme est affaibli, que ce soit sur le plan institutionnel ou normatif ; l’unipolarité américaine ne répond pas aux demandes de leadership international ; la multipolarité inorganisée qui domine conduit autant au désaccord qu’au concert international ; si l’Union Européenne semble en passe de sortir de sa léthargie, son influence internationale demeure fragile ; l’option d’un renforcement de l’axe transatlantique autour de l’OTAN risquerait de réactiver d’anciennes lignes de clivage.  lire suite

L’Etat de droit face au terrorisme

AFRI 2008, volume IX
par LETTERON Roseline
Le terrorisme constitue un défi permanent pour l’Etat de droit, qui doit le combattre sans remettre en cause le socle de principes libéraux sur lesquels il repose. Après le 11 septembre, les pays anglo-saxons, dont les systèmes juridiques rejetaient la notion de « circonstances exceptionnelles », ont immédiatement adopté des législations sécuritaires, souvent très attentatoires aux principes mêmes gouvernant le « due process of law ». Dans les pays de droit écrit, comme la France, les systèmes juridiques ont longtemps considéré le terrorisme comme un phénomène exceptionnel, susceptible de donner lieu à des mesures d’urgence. Aujourd’hui, on assiste à un nivellement des approches, les législations sécuritaires tendant à se pérenniser, la lutte antiterroriste devenant un élément contextuel dans l’ensemble des systèmes juridiques. Bien au-delà, on voit se développer un véritable « effet d’aubaine » de la menace terroriste, qui permet de justifier des dispositions sécuritaires, souvent très éloignées des nécessités de la lutte contre le terrorisme, mais que ce dernier permet de légitimer. On peut alors se demander si l’Etat de droit n’est pas davantage menacé par les restrictions qu’il apporte aux principes libéraux sur lesquels il repose que par la violence aveugle des mouvements terroristes.  lire suite

Terrorisme et relations internationales. Après le 11 septembre, la relation terroriste au cœur des relations internationales

AFRI 2007, volume VIII
par GUILHAUDIS Jean-François
Une compréhension éclairée des relations internationales contemporaines impose de prendre un juste recul sur le phénomène terroriste. Plutôt que de dénoncer l’hyperterrorisme ou le méga-terrorisme, il convient de s’intéresser à la relation terroriste modelée par le 11 septembre dans son ensemble. Celle-ci est d’abord fonction de huit composantes : les deux adversaires, les médias, l’opinion publique, le contexte international dominant le jeu de la relation, les moyens employés et les effets obtenus. La relation terroriste comporte ensuite plusieurs variantes : « New York », « Bagdad » ou « Londres ». Surtout, la singularité du terrorisme du 11 septembre réside dans sa coproduction par Al Qaïda et les participants à la guerre au terrorisme, regroupés derrière les Etats-Unis. Finalement, la relation terroriste ainsi définie est au cœur des relations internationales, sous la forme de la guerre. Elle vient aussi perturber la scène économique et la sphère des normes et de la culture. Pour autant, l’apocalypse n’est pas la seule issue de la relation terroriste de type 11 septembre.  lire suite

Quelques caractéristiques du terrorisme jihadiste en Europe

Les pays occidentaux sont confrontés depuis une quinzaine d’années à une forme de terrorisme relativement nouvelle : le terrorisme jihadiste. Emergée dans les années quatre-vingt, suite à l’invasion soviétique de l’Afghanistan, ce type de violence, qui frappe les pays occidentaux comme les pays musulmans, est devenue une forme de terrorisme majeure. Elle se distingue, dans sa méthode comme dans ses objectifs, du terrorisme « traditionnel », par son caractère protéiforme et déstructuré, par son idéologie systématiquement fondamentaliste et utopiste mais également par sa capacité de mobilisation internationale, qui érode les différences et les oppositions culturelles de ses militants et les fédère autour d’un objectif vague mais unique : l’imposition d’une société islamique rigoureuse à l’ensemble des sociétés musulmanes d’une part, et un combat sans merci contre tout ordre censé les oppresser d’autre part. Les idéologies sunnites salafistes - qui prônent un retour à un islam purifié - et takfiri - qui rejettent et condamnent toute déviation de l’islam originel - forment usuellement les bases religieuses de cet engagement, même si la rigueur, la ferveur voire l’obédience religieuse de l’ensemble des groupes jihadiste diffère grandement.  lire suite
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