Diplomatie et organisations internationales
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Le renforcement de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban. Etude des processus décisionnels au sommet
AFRI 2010, Volume XI
par , - 10 novembre 2010La Résolution 1 701 du Conseil de sécurité a été critiquée parce qu’elle ne donnait pas des orientations claires aux Casques bleus déployés au Liban. Elle a été élaborée par la nécessité de trouver une solution diplomatique à la guerre de 2006. Initialement, la France et ses partenaires européens et atlantiques ont considéré qu’une force internationale non commandée par l’ONU serait déployée en lieu et place de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL). Cette option a été promue par les dirigeants européens et Kofi Annan au sommet du G8 en juillet 2006 et a été progressivement soutenue par les Etats-Unis et Israël. Un premier projet de résolution, rédigé par la France et les Etats-Unis, a proposé le déploiement d’une telle force, mais a été rejeté par le gouvernement libanais. A la suite de quoi chacun des protagonistes en est venu à accepter le renforcement de la FINUL, seule solution politiquement acceptable pour une sortie de la guerre. Même si certaines mesures ont été prises pour satisfaire les demandes des militaires français et européens concernant la structure du commandement – en particulier la création d’une cellule dédié à New York pour conseiller le Secrétariat des Nations Unies sur cette mission –, la FINUL renforcée reste une mission classique de maintien de la paix. Contrairement aux autres opérations de l’ONU, elle ne vient pas en soutien d’un processus politique, une limite fondamentale que le Conseil de sécurité n’a pas encore réussi à traiter. L’histoire du renforcement de la FINUL en 2006 démontre ainsi les contraintes politiques et opérationnelles auxquelles le Conseil de sécurité est confronté dans la définition d’opérations de maintien de la paix robustes.
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Le crime d’agression : une définition sans rime ni raison. Une approche américaine
AFRI 2010, Volume XI
par - 21 septembre 2010L’article se propose d’apprécier les éléments de définition du crime d’agression qu’un Groupe de travail ad hoc a finalement proposés en février 2009. Cet organe avait été créé en 2002 par l’Assemblée des Etats parties au Statut de Rome de la Cour pénale internationale ; ses conclusions doivent être examinées lors de la Conférence de révision du Statut, qui se tiendra à la fin du printemps 2010. Pour l’auteur, les propositions du Groupe de travail, si elles étaient adoptées, manqueraient à plusieurs obligations internationales et violeraient également nombre de normes américaines. Le droit des Nations Unies ou le principe de légalité seraient notamment altérés. Politiquement, le succès de l’entreprise ne pourrait que susciter l’hostilité des grandes puissances. Par exemple, si une telle définition du crime d’agression avait été opposable lors des décennies précédentes, tous les présidents américains auraient pu faire l’objet de poursuites sur son fondement ; les dirigeants et responsables militaires d’autres Etats n’auraient pas été épargnés pour autant. Bref, il n’est pas raisonnable pour la crédibilité et la viabilité de la Cour de retenir le projet proposé.
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Dix ans après le Rapport Brahimi sur les opérations de paix des Nations Unies. Quel bilan d’une décennie de réformes ?
AFRI 2010, Volume XI
par - 21 septembre 2010La réforme est un état structurel de l’ONU et de son adaptation à son environnement. L’ONU est, depuis les lendemains de sa création, engagée dans une réforme perpétuelle dont les étapes se franchissent petit à petit au gré de crises plus ou moins graves. C’est tout particulièrement vrai dans le domaine du maintien de la paix, dont les opérations sont un instrument qui n’avait pas été prévu par la Charte, mais qui constituent aujourd’hui l’activité la plus importante et la plus connue de l’organisation universelle. Le Rapport Brahimi a structuré le processus de réforme du maintien de la paix en cours depuis l’année 2000 et a constitué une référence majeure pour les rapports qui ont suivi, y compris le dernier d’entre eux (« New Horizon »). Le maintien de la paix s’est ainsi professionnalisé et des règles ont été fixées à la conduite du maintien de la paix. Pour autant, ce processus de réforme d’une décennie a-t-il engendré une vision commune des Etats membres sur les limites et les défis du maintien de la paix ? Tout cela pourra-t-il prévenir l’ONU contre les errements passés du maintien de la paix et face aux contraintes politiques du moment ?
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L’évolution du métier de diplomate
AFRI 2009, Volume X
par - 9 janvier 2010Le métier de diplomate ne peut être confiné aux mondanités ni à un pur exercice de représentation bilatérale. Ce métier se déploie aujourd’hui dans un espace multipolaire où la négociation occupe une place prépondérante. La diplomatie est face à un double défi : elle se façonne de plus en plus dans un cadre multilatéral et elle traite de sujets dits transversaux comme l’environnement, l’énergie, la lutte contre le terrorisme ou les pandémies. Dans le contexte international agité que nous connaissons, il est encore plus important qu’avant de comprendre et d’analyser les changements internationaux, de détecter les grandes préoccupations des acteurs non étatiques, de bien communiquer et d’élaborer pour ce faire une « diplomatie publique ». Plus qu’avant, le diplomate est appelé à aller sur le terrain, en prenant des risques, parce qu’aujourd’hui la mondialisation implique un dialogue qui dépasse le cadre interétatique. Par-delà les transformations du métier de diplomate demeure une constante, qui est celle du service de l’Etat et du dialogue entre nations et cultures.
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Variations sur les organisations internationales non gouvernementales
AFRI 2008, volume IX
par - 24 juillet 2008L’influence des ONG est déterminante dans le domaine de l’humanitaire ainsi que dans l’épineuse question de l’ingérence. Les grandes ONG se professionnalisent pour mieux répondre aux enjeux contemporains : les principaux changements se manifestent dans le mode de recrutement des responsables, dans le marketing – de plus en plus « agressif » – et dans le mode de financement, qui s’adapte à leurs priorités. L’instrumentalisation croissante des ONG par les Etats et par les parties aux conflits dans lesquels les ONG interviennent (Kosovo, Afghanistan, Somalie) conduit de plus en plus souvent à des manipulations politiques. A l’avenir, les ONG seront certainement intégrées dans des stratégies étatiques, voire créées de toutes pièces par les Etats - les GO-NGOs ou Government-organised NGOs.
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L’OMC et les tribulations du Cycle de Doha
AFRI 2008, volume IX
par - 24 juillet 2008En dépit du nom officiel donné aux négociations du Cycle de Doha, baptisées Cycle pour le développement, les questions de développement ne sont ni au centre de la Déclaration ministérielle, ni au centre des négociations genevoises. Les tribulations de ce cycle de négociations procèdent principalement de la volonté des pays en développement de conformer l’agenda des négociations à l’enseigne du Cycle de Doha, pour en faire un authentique cycle de développement, contrairement aux prévisions des pays développés, qui s’attachent plutôt à cristalliser sa teneur néo-libérale. Il en résulte que le Cycle de Doha est davantage un lieu de confrontation des stratégies des différents acteurs qu’un lieu de transaction.
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A quoi servent les Nations Unies ?
AFRI 2008, volume IX
par - 24 juillet 2008Sans désespérer définitivement de l’ONU, comprise le plus souvent comme un simple lieu de rencontres ou une tribune, force est de regarder en face les difficultés et contradictions internes auxquelles l’Organisation est confrontée. L’économie apparaît comme un domaine de plus en plus problématique pour les Nations Unies, qui perdent leur rôle moteur au profit d’institutions spécialisées (FMI, OMC…) et échouent à mettre en oeuvre leurs doctrines fondatrices. La défense des droits de l’homme se heurte à un manque criant de moyens contraignants. L’ONU trace aussi difficilement son chemin entre des principes en apparence contradictoires : l’égalité souveraine des Etats, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le droit d’ingérence. Enfin, on observe aussi des difficultés en matière de paix et de sécurité internationale.
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L’OTAN en Afghanistan. L’avenir incertain du Titanic ?
AFRI 2008, volume IX
par - 24 juillet 2008L’opération Enduring Freedom en Afghanistan s’est imposée comme un modèle pour l’invasion de l’Iraq deux ans plus tard. Pourtant, dès 2003, les analyses pointaient l’aspect illusoire de ce qui était présenté comme un succès aux opinions publiques occidentales. De fait, l’augmentation progressive du nombre de troupes n’a pas permis d’arrêter la dégradation de la situation militaire. L’échec occidental a trois causes majeures : la faillite de l’expertise, l’absence de coordination entre pays occidentaux et l’absence de moyens pour la reconstruction. Face aux Occidentaux, les Talibans se sont révélés des adversaires motivés qui, après avoir reconstitué leurs forces au Pakistan, sont rapidement passés à l’offensive. En outre, le contexte régional n’est pas favorable aux Occidentaux et ne peut que se dégrader si les Etats-Unis poursuivent une politique agressive vis-à-vis de l’Iran ou du Pakistan, les deux voisins déterminants dans l’évolution de la crise afghane. Dans ces circonstances, on peut conclure à l’absence de perspective de sortie de crise à horizon prévisible.
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Mort et résurrection du Mécanisme de Moscou
AFRI 2007, volume VIII
par - 20 mars 2008Les documents finaux des conférences de Vienne (1989) et de Moscou (1991) constituent la base des mécanismes de la dimension humaine de l’OSCE. Ces deux documents, nés dans des contextes différents, sont à l’origine des Mécanismes de Vienne et de Moscou. Le premier est un mécanisme de consultations diplomatiques qui s’est rapidement banalisé à partir de 1991. Le second, qui prévoit la possibilité de constituer des missions d’experts chargés d’étudier des questions relatives à la dimension humaine sur le territoire d’un des Etats participants, n’a été qu’exceptionnellement utilisé. Après une longue période pendant laquelle le Mécanisme de Moscou semblait tombé en désuétude, celui-ci a finalement été réactivé en 2002 à l’encontre du Turkménistan, ce qui a permis d’enclencher un signal d’alarme, qui a eu des conséquences diplomatiques, en poussant le Secrétariat général des Nations Unies et l’OSCE à se rapprocher des autorités turkmènes, sur la voie d’un équilibre entre incitations et pressions.
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La réponse institutionnelle européenne aux questions soulevées par les minorités. Lacunes, chevauchements et opportunités
AFRI 2007, volume VIII
par - 20 mars 2008Depuis de nombreuses années, l’action régulatrice et normative de l’OSCE, du Conseil de l’Europe et de l’Union européenne dans le domaine de la protection du droit des personnes appartenant à des minorités nationales a permis de prévenir l’émergence d’un certain nombre de conflits interethniques. Au cours du temps, une dichotomie fonctionnelle s’est formée entre le rôle normatif du Conseil de l’Europe, les initiatives de prévention et de régulation de l’OSCE et la fonction de garant exercée par l’Union européenne. Cependant, l’évolution des sociétés, des Etats mais également des minorités a profondément modifié la nature du problème. Les nouveaux Etats membres offrent moins de prise à l’action des institutions européennes dans ce domaine, alors que, à l’opposition traditionnelle entre minorités et majorités, se substituent les problématiques des « nouvelles minorités », des relations entre Etat-parent et Etat-hôte et des dérives autonomistes.



