Enjeux globaux
- Sous-rubriques :
- Sécurité et menaces
- Diplomatie et organisations internationales
- Globalisation
-
L’évolution du métier de diplomate
AFRI 2009, Volume X
par - 9 janvier 2010Le métier de diplomate ne peut être confiné aux mondanités ni à un pur exercice de représentation bilatérale. Ce métier se déploie aujourd’hui dans un espace multipolaire où la négociation occupe une place prépondérante. La diplomatie est face à un double défi : elle se façonne de plus en plus dans un cadre multilatéral et elle traite de sujets dits transversaux comme l’environnement, l’énergie, la lutte contre le terrorisme ou les pandémies. Dans le contexte international agité que nous connaissons, il est encore plus important qu’avant de comprendre et d’analyser les changements internationaux, de détecter les grandes préoccupations des acteurs non étatiques, de bien communiquer et d’élaborer pour ce faire une « diplomatie publique ». Plus qu’avant, le diplomate est appelé à aller sur le terrain, en prenant des risques, parce qu’aujourd’hui la mondialisation implique un dialogue qui dépasse le cadre interétatique. Par-delà les transformations du métier de diplomate demeure une constante, qui est celle du service de l’Etat et du dialogue entre nations et cultures.
-
2008, le temps des crises
AFRI 2009, Volume X
par - 9 janvier 2010En 2008, la planète, qui semblait somnoler, s’est brutalement réveillée en sursaut, sous le choc d’une série de coups de butoir. Au point qu’on se demande s’il ne faut pas voir dans les crises qui se sont ouvertes cette année le véritable point de départ du XXIe siècle. Elles ont en tout cas marqué un retournement de cycle économique et politique. L’éclatement de la bulle financière a finalement touché l’économie réelle et la crise économique s’est rapidement propagée à tous les secteurs et sur dans tous les continents. Le retour de l’Etat pour inverser cette tendance irréversible marque une révolution dans les mentalités. L’instabilité économique s’est doublée d’une instabilité politique, mise en évidence par trois crises majeures : l’intervention russe en Ossétie du Sud, le renouveau des tensions ente l’Inde et le Pakistan et, enfin, l’opération militaire israélienne dans la Bande de Gaza.
-
2007 : grisaille persistante, horizon bouché, température sans changement
AFRI 2008, volume IX
par - 24 juillet 20082007 n’a pas modifié les tendances des années récentes, qui ont été des années d’attente. Le poids des problèmes du passé a subsisté – tensions, crises et conflits n’ont connu ni aggravation ni amélioration décisives, que ce soit au Proche / Moyen- Orient, en Afrique ou en Europe. Les craintes pour l’avenir et un climat de méfiance dominant ont perduré : prolifération des armes de destruction massive et terrorisme constituent toujours des menaces, ponctuelles ici, flottantes là. La mondialisation n’a guère progressé et les effets de la crise américaine des « subprimes » ont assombri les perspectives économiques. Si le thème du changement climatique a été particulièrement à l’ordre du jour de grandes réunions internationales, aucun accord renforçant le Protocole de Kyoto n’a pu être obtenu. Dans ces conditions, la gouvernance internationale marque le pas : le multilatéralisme est affaibli, que ce soit sur le plan institutionnel ou normatif ; l’unipolarité américaine ne répond pas aux demandes de leadership international ; la multipolarité inorganisée qui domine conduit autant au désaccord qu’au concert international ; si l’Union Européenne semble en passe de sortir de sa léthargie, son influence internationale demeure fragile ; l’option d’un renforcement de l’axe transatlantique autour de l’OTAN risquerait de réactiver d’anciennes lignes de clivage.
-
Variations sur les organisations internationales non gouvernementales
AFRI 2008, volume IX
par - 24 juillet 2008L’influence des ONG est déterminante dans le domaine de l’humanitaire ainsi que dans l’épineuse question de l’ingérence. Les grandes ONG se professionnalisent pour mieux répondre aux enjeux contemporains : les principaux changements se manifestent dans le mode de recrutement des responsables, dans le marketing – de plus en plus « agressif » – et dans le mode de financement, qui s’adapte à leurs priorités. L’instrumentalisation croissante des ONG par les Etats et par les parties aux conflits dans lesquels les ONG interviennent (Kosovo, Afghanistan, Somalie) conduit de plus en plus souvent à des manipulations politiques. A l’avenir, les ONG seront certainement intégrées dans des stratégies étatiques, voire créées de toutes pièces par les Etats - les GO-NGOs ou Government-organised NGOs.
-
L’OMC et les tribulations du Cycle de Doha
AFRI 2008, volume IX
par - 24 juillet 2008En dépit du nom officiel donné aux négociations du Cycle de Doha, baptisées Cycle pour le développement, les questions de développement ne sont ni au centre de la Déclaration ministérielle, ni au centre des négociations genevoises. Les tribulations de ce cycle de négociations procèdent principalement de la volonté des pays en développement de conformer l’agenda des négociations à l’enseigne du Cycle de Doha, pour en faire un authentique cycle de développement, contrairement aux prévisions des pays développés, qui s’attachent plutôt à cristalliser sa teneur néo-libérale. Il en résulte que le Cycle de Doha est davantage un lieu de confrontation des stratégies des différents acteurs qu’un lieu de transaction.
-
A quoi servent les Nations Unies ?
AFRI 2008, volume IX
par - 24 juillet 2008Sans désespérer définitivement de l’ONU, comprise le plus souvent comme un simple lieu de rencontres ou une tribune, force est de regarder en face les difficultés et contradictions internes auxquelles l’Organisation est confrontée. L’économie apparaît comme un domaine de plus en plus problématique pour les Nations Unies, qui perdent leur rôle moteur au profit d’institutions spécialisées (FMI, OMC…) et échouent à mettre en oeuvre leurs doctrines fondatrices. La défense des droits de l’homme se heurte à un manque criant de moyens contraignants. L’ONU trace aussi difficilement son chemin entre des principes en apparence contradictoires : l’égalité souveraine des Etats, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le droit d’ingérence. Enfin, on observe aussi des difficultés en matière de paix et de sécurité internationale.
-
L’OTAN en Afghanistan. L’avenir incertain du Titanic ?
AFRI 2008, volume IX
par - 24 juillet 2008L’opération Enduring Freedom en Afghanistan s’est imposée comme un modèle pour l’invasion de l’Iraq deux ans plus tard. Pourtant, dès 2003, les analyses pointaient l’aspect illusoire de ce qui était présenté comme un succès aux opinions publiques occidentales. De fait, l’augmentation progressive du nombre de troupes n’a pas permis d’arrêter la dégradation de la situation militaire. L’échec occidental a trois causes majeures : la faillite de l’expertise, l’absence de coordination entre pays occidentaux et l’absence de moyens pour la reconstruction. Face aux Occidentaux, les Talibans se sont révélés des adversaires motivés qui, après avoir reconstitué leurs forces au Pakistan, sont rapidement passés à l’offensive. En outre, le contexte régional n’est pas favorable aux Occidentaux et ne peut que se dégrader si les Etats-Unis poursuivent une politique agressive vis-à-vis de l’Iran ou du Pakistan, les deux voisins déterminants dans l’évolution de la crise afghane. Dans ces circonstances, on peut conclure à l’absence de perspective de sortie de crise à horizon prévisible.
-
Le retour des Non-Alignés sur la scène internationale. Changement et continuité
AFRI 2008, volume IX
par - 24 juillet 2008Les sommets récents des Non-Alignés marquent la volonté des Etats membres du Mouvement de voir celui-ci revenir sur la scène internationale et y exercer une action effective au nom de la justice et de la paix. A cette fin et pour être en accord avec les nécessités du temps présent tout en étant fidèles à leurs principes fondateurs, ils entendent présenter un visage rajeuni marqué par une dialectique subtile du changement et de la continuité et comportant à la fois une tentative de rénovation doctrinale et un programme élargi de recommandations concrètes. La note fondamentale du dernier Sommet, tenu à La Havane en 2006, est que le non-alignement signifie désormais le refus de l’unilatéralisme américain.
-
2006 : une année perdue ?
AFRI 2007, volume VIII
par - 20 mars 2008L’année 2006 n’a pas vu de développement fondamental sur le plan international : le temps est aux dynamiques de moyen terme, marquées par des inflexions successives plus que par des tournants décisifs. Toutefois, un tel constat ne signifie nullement que tout va bien ou que les problèmes se règlent : au contraire, ils s’aggravent. Parmi eux, trois tendances, liées les unes aux autres, président et dominent l’année écoulée : les Etats-Unis et le Moyen-Orient, les politiques des puissances émergentes et les problèmes globaux liés à la mondialisation. En effet, les impasses du Moyen-Orient ont provoqué un recul du leadership américain, que n’ont pas compensé les autres puissances, restées en 2006 peu ou prou immobiles, comme l’Europe, ou engagées dans des jeux peu conclusifs, comme la Chine, le Japon ou la Russie. Ce contexte n’a pas créé de conditions propices à la prise en charge internationale des grands problèmes de la mondialisation qui se sont imposés de façon plus forte en 2006 : en témoigne l’attention de l’opinion mondiale à la question du réchauffement climatique ou à celle des migrations internationales.
-
Mort et résurrection du Mécanisme de Moscou
AFRI 2007, volume VIII
par - 20 mars 2008Les documents finaux des conférences de Vienne (1989) et de Moscou (1991) constituent la base des mécanismes de la dimension humaine de l’OSCE. Ces deux documents, nés dans des contextes différents, sont à l’origine des Mécanismes de Vienne et de Moscou. Le premier est un mécanisme de consultations diplomatiques qui s’est rapidement banalisé à partir de 1991. Le second, qui prévoit la possibilité de constituer des missions d’experts chargés d’étudier des questions relatives à la dimension humaine sur le territoire d’un des Etats participants, n’a été qu’exceptionnellement utilisé. Après une longue période pendant laquelle le Mécanisme de Moscou semblait tombé en désuétude, celui-ci a finalement été réactivé en 2002 à l’encontre du Turkménistan, ce qui a permis d’enclencher un signal d’alarme, qui a eu des conséquences diplomatiques, en poussant le Secrétariat général des Nations Unies et l’OSCE à se rapprocher des autorités turkmènes, sur la voie d’un équilibre entre incitations et pressions.



