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Enjeux globaux

  • Le renforcement de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban. Etude des processus décisionnels au sommet

    AFRI 2010, Volume XI
    par GOWAN Richard, NOVOSSELOFF Alexandra - 10 novembre 2010

    La Résolution 1 701 du Conseil de sécurité a été critiquée parce qu’elle ne donnait pas des orientations claires aux Casques bleus déployés au Liban. Elle a été élaborée par la nécessité de trouver une solution diplomatique à la guerre de 2006. Initialement, la France et ses partenaires européens et atlantiques ont considéré qu’une force internationale non commandée par l’ONU serait déployée en lieu et place de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL). Cette option a été promue par les dirigeants européens et Kofi Annan au sommet du G8 en juillet 2006 et a été progressivement soutenue par les Etats-Unis et Israël. Un premier projet de résolution, rédigé par la France et les Etats-Unis, a proposé le déploiement d’une telle force, mais a été rejeté par le gouvernement libanais. A la suite de quoi chacun des protagonistes en est venu à accepter le renforcement de la FINUL, seule solution politiquement acceptable pour une sortie de la guerre. Même si certaines mesures ont été prises pour satisfaire les demandes des militaires français et européens concernant la structure du commandement – en particulier la création d’une cellule dédié à New York pour conseiller le Secrétariat des Nations Unies sur cette mission –, la FINUL renforcée reste une mission classique de maintien de la paix. Contrairement aux autres opérations de l’ONU, elle ne vient pas en soutien d’un processus politique, une limite fondamentale que le Conseil de sécurité n’a pas encore réussi à traiter. L’histoire du renforcement de la FINUL en 2006 démontre ainsi les contraintes politiques et opérationnelles auxquelles le Conseil de sécurité est confronté dans la définition d’opérations de maintien de la paix robustes.

  • Le crime d’agression : une définition sans rime ni raison. Une approche américaine

    AFRI 2010, Volume XI
    par GLENNON Michael J. - 21 septembre 2010

    L’article se propose d’apprécier les éléments de définition du crime d’agression qu’un Groupe de travail ad hoc a finalement proposés en février 2009. Cet organe avait été créé en 2002 par l’Assemblée des Etats parties au Statut de Rome de la Cour pénale internationale ; ses conclusions doivent être examinées lors de la Conférence de révision du Statut, qui se tiendra à la fin du printemps 2010. Pour l’auteur, les propositions du Groupe de travail, si elles étaient adoptées, manqueraient à plusieurs obligations internationales et violeraient également nombre de normes américaines. Le droit des Nations Unies ou le principe de légalité seraient notamment altérés. Politiquement, le succès de l’entreprise ne pourrait que susciter l’hostilité des grandes puissances. Par exemple, si une telle définition du crime d’agression avait été opposable lors des décennies précédentes, tous les présidents américains auraient pu faire l’objet de poursuites sur son fondement ; les dirigeants et responsables militaires d’autres Etats n’auraient pas été épargnés pour autant. Bref, il n’est pas raisonnable pour la crédibilité et la viabilité de la Cour de retenir le projet proposé.

  • Dix ans après le Rapport Brahimi sur les opérations de paix des Nations Unies. Quel bilan d’une décennie de réformes ?

    AFRI 2010, Volume XI
    par NOVOSSELOFF Alexandra - 21 septembre 2010

    La réforme est un état structurel de l’ONU et de son adaptation à son environnement. L’ONU est, depuis les lendemains de sa création, engagée dans une réforme perpétuelle dont les étapes se franchissent petit à petit au gré de crises plus ou moins graves. C’est tout particulièrement vrai dans le domaine du maintien de la paix, dont les opérations sont un instrument qui n’avait pas été prévu par la Charte, mais qui constituent aujourd’hui l’activité la plus importante et la plus connue de l’organisation universelle. Le Rapport Brahimi a structuré le processus de réforme du maintien de la paix en cours depuis l’année 2000 et a constitué une référence majeure pour les rapports qui ont suivi, y compris le dernier d’entre eux (« New Horizon »). Le maintien de la paix s’est ainsi professionnalisé et des règles ont été fixées à la conduite du maintien de la paix. Pour autant, ce processus de réforme d’une décennie a-t-il engendré une vision commune des Etats membres sur les limites et les défis du maintien de la paix ? Tout cela pourra-t-il prévenir l’ONU contre les errements passés du maintien de la paix et face aux contraintes politiques du moment ?

  • Décroissance ou ‘décroissantisme’ : les filiations intellectuelles d’une idéologie politique

    AFRI 2010 – Volume XI
    par BLANC-NOËL Nathalie - 14 août 2010

    Le thème de la décroissance a envahi la scène médiatique, mais a aussi pénétré le monde associatif et le monde politique. Partant d’un point de vue différent de celui qu’offre la sociologie du militantisme, cet article se propose d’étudier le décroissantisme sous l’angle de l’analyse des idées politiques, afin d’en identifier les racines intellectuelles. Le décroissantisme constitue en effet une véritable idéologie politique, syncrétique et interactive, avec ses entrepreneurs de cause, ses productions éditoriales, ses réseaux de socialisation, et il génère de nombreuses actions, mobilisations et expérimentations sociales. Cet article identifie quelques racines intellectuelles de ce mouvement : la pensée écologiste, le néo-marxisme, l’après-développement et l’anarchisme.

  • La réforme du secteur de la sécurité. Un outil utile pour la sortie de crise ?

    AFRI 2010 – Volume XI
    par CHUTER David - 14 août 2010

    On trouve l’expression « Réforme du secteur de sécurité » (RSS) partout dans les textes sur la gestion de crise et sur les opérations de maintien de la paix. Il s’agit précisément d’une expression et non d’un concept, encore moins d’une doctrine ou d’un champ d’expertise. C’est une étiquette souvent utilisée dans des sens tout à fait différents. Il en résulte une confusion totale autour de l’expression. L’objectif de l’article est de dissiper autant que possible cette confusion – surtout dans le domaine de la sortie de crise - et de situer la RSS dans le contexte plus global des actions à destination d’un secteur de sécurité post-crise.

  • Pays émergents et pays industrialisés : insoutenable rivalité ou avenir commun forcé ?

    AFRI 2010 – Volume XI
    par PAONE Valérie - 14 août 2010

    Les grands pays émergents et leurs entreprises tireront la croissance et le PIB mondial en 2009. Leur influence lors du Sommet de Copenhague confirme qu’ils sont des acteurs incontournables sur la scène internationale. La Chine, nouveau centre de gravité de l’économie, l’Inde et, à un moindre niveau, le Brésil sont des acteurs économiques sociaux et environnementaux en mesure d’interférer ou de gripper l’équilibre mondial établi par et entre les pays industrialisés, voire d’imposer une nouvelle règle du jeu. Conceptualisés initialement par l’économie, développés et nourris par les fonds d’investissements, s’ils sont de plus en plus sophistiqués économiquement, ces pays connaissent une montée en puissance liée à des niveaux de développement sociaux et environnementaux très hétéroclites. Ceux-là accroissent la nature des enjeux mondiaux en accentuant les fractures et les faiblesses nationales des pays émergents et des pays industrialisés, dont la France, qui s’est lancée dans une compétition sociale et économique peu soutenable sur le long terme.

  • L’évolution du métier de diplomate

    AFRI 2009, Volume X
    par DELCORDE Raoul - 9 janvier 2010

    Le métier de diplomate ne peut être confiné aux mondanités ni à un pur exercice de représentation bilatérale. Ce métier se déploie aujourd’hui dans un espace multipolaire où la négociation occupe une place prépondérante. La diplomatie est face à un double défi : elle se façonne de plus en plus dans un cadre multilatéral et elle traite de sujets dits transversaux comme l’environnement, l’énergie, la lutte contre le terrorisme ou les pandémies. Dans le contexte international agité que nous connaissons, il est encore plus important qu’avant de comprendre et d’analyser les changements internationaux, de détecter les grandes préoccupations des acteurs non étatiques, de bien communiquer et d’élaborer pour ce faire une « diplomatie publique ». Plus qu’avant, le diplomate est appelé à aller sur le terrain, en prenant des risques, parce qu’aujourd’hui la mondialisation implique un dialogue qui dépasse le cadre interétatique. Par-delà les transformations du métier de diplomate demeure une constante, qui est celle du service de l’Etat et du dialogue entre nations et cultures.

  • 2008, le temps des crises

    AFRI 2009, Volume X
    par DECAUX Emmanuel - 9 janvier 2010

    En 2008, la planète, qui semblait somnoler, s’est brutalement réveillée en sursaut, sous le choc d’une série de coups de butoir. Au point qu’on se demande s’il ne faut pas voir dans les crises qui se sont ouvertes cette année le véritable point de départ du XXIe siècle. Elles ont en tout cas marqué un retournement de cycle économique et politique. L’éclatement de la bulle financière a finalement touché l’économie réelle et la crise économique s’est rapidement propagée à tous les secteurs et sur dans tous les continents. Le retour de l’Etat pour inverser cette tendance irréversible marque une révolution dans les mentalités. L’instabilité économique s’est doublée d’une instabilité politique, mise en évidence par trois crises majeures : l’intervention russe en Ossétie du Sud, le renouveau des tensions ente l’Inde et le Pakistan et, enfin, l’opération militaire israélienne dans la Bande de Gaza.

  • 2007 : grisaille persistante, horizon bouché, température sans changement

    AFRI 2008, volume IX
    par SUR Serge - 24 juillet 2008

    2007 n’a pas modifié les tendances des années récentes, qui ont été des années d’attente. Le poids des problèmes du passé a subsisté – tensions, crises et conflits n’ont connu ni aggravation ni amélioration décisives, que ce soit au Proche / Moyen- Orient, en Afrique ou en Europe. Les craintes pour l’avenir et un climat de méfiance dominant ont perduré : prolifération des armes de destruction massive et terrorisme constituent toujours des menaces, ponctuelles ici, flottantes là. La mondialisation n’a guère progressé et les effets de la crise américaine des « subprimes » ont assombri les perspectives économiques. Si le thème du changement climatique a été particulièrement à l’ordre du jour de grandes réunions internationales, aucun accord renforçant le Protocole de Kyoto n’a pu être obtenu. Dans ces conditions, la gouvernance internationale marque le pas : le multilatéralisme est affaibli, que ce soit sur le plan institutionnel ou normatif ; l’unipolarité américaine ne répond pas aux demandes de leadership international ; la multipolarité inorganisée qui domine conduit autant au désaccord qu’au concert international ; si l’Union Européenne semble en passe de sortir de sa léthargie, son influence internationale demeure fragile ; l’option d’un renforcement de l’axe transatlantique autour de l’OTAN risquerait de réactiver d’anciennes lignes de clivage.

  • Variations sur les organisations internationales non gouvernementales

    AFRI 2008, volume IX
    par COLIN Jean-Pierre - 24 juillet 2008

    L’influence des ONG est déterminante dans le domaine de l’humanitaire ainsi que dans l’épineuse question de l’ingérence. Les grandes ONG se professionnalisent pour mieux répondre aux enjeux contemporains : les principaux changements se manifestent dans le mode de recrutement des responsables, dans le marketing – de plus en plus « agressif » – et dans le mode de financement, qui s’adapte à leurs priorités. L’instrumentalisation croissante des ONG par les Etats et par les parties aux conflits dans lesquels les ONG interviennent (Kosovo, Afghanistan, Somalie) conduit de plus en plus souvent à des manipulations politiques. A l’avenir, les ONG seront certainement intégrées dans des stratégies étatiques, voire créées de toutes pièces par les Etats - les GO-NGOs ou Government-organised NGOs.

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