La mise en place du Service européen pour l’action extérieure
Cahier Thucydide n°11

L’objet de ce mémoire est d’analyser la dimension politique souterraine qui a sous- tendu le processus de nomination au sein du SEAE : les ambitions nationales des Etats membres pour le nouveau Service, découlant de leurs intérêts stratégiques, mais aussi leurs stratégies, leur mise en œuvre, et l’examen de leurs résultats. Que le SEAE ait été l’objet de luttes d’influence, cela se comprend, et il importe d’en décrire les mouvements et stratégies.

Mais il est surprenant de constater à quel point les stratégies ont pu se croiser en privilégiant toujours les jeux de couloir sur l’affrontement direct. C’est que les États, tous soucieux de leurs intérêts, n’ont pourtant pas fixé leur attention sur le même éventail de postes au sein du SEAE, n’ont pas eu une analyse identique des postes clé. Il s’agit donc d’identifier et de distinguer les priorités que chaque État s’est donné, et d’en déterminer la résultante pour le jeune service. La dialectique de la présence et de l’influence est l’axe structurant, le fil rouge des initiatives nationales. Nous tâcherons donc d’analyser les données disponibles sur la composition du SEAE à la lumière de ces deux dimensions.