GAYER Laurent

Docteur en Science politique de l’Institut d’études politiques de Paris, dirige l’axe « Relations internationales » du Centre de Sciences Humaines de New Delhi, chercheur associé au Centre d’étude s de l’Inde et de l’Asie du Sud et au Centre national de la recherche scientifique
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AFRI 2006, volume VII

Le fond de l’air est rouge. Crises sociopolitiques et renouveau du maoïsme révolutionnaire dans le sous-continent indien

par GAYER Laurent


- Résumé

Dans le sillage de la révolution culturelle chinoise, l’Inde a vu se développer une mouvance maoïste insurrectionnelle sur son sol à partir de la fin des années 1960, qui, à partir de son berceau bengali, s’est diffusée dans toute l’Inde puis au Népal. Ces organisations maoïstes indiennes entretiennent des liens étroits avec les rebelles maoïstes du Népal, lesquels ont déclenché la « guerre du peuple » en 1996. Celle-ci a connu une escalade en 2001, après que le Roi Gyanendra eut décidé de recourir à l’armée pour mater la révolte. N’ayant de cesse de re-monopoliser le pouvoir, remettant ainsi en cause les acquis du mouvement démocratique de 1990, le Roi a provoqué une crise institutionnelle qui a fait le jeu des insurgés, en créant les conditions favorables à leur rapprochement avec les partis démocratiques dans le cadre d’un front républicain. A l’instar de leurs camarades indiens, les maoïstes népalais ont aussi su tirer profit des inégalités structurelles de la société népalaise, en répondant aux aspirations des plus démunis (minorités ethniques, basses castes, intouchables, femmes). Il reste désormais aux maobadis népalais à démontrer leur capacité à se prêter aux exigences du jeu parlementaire, comme a pu le faire une partie de la mouvance naxalite indienne à partir de la fin des années 1970.

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