Aux racines de la Françafrique : la dégradation de l’image de la France en Afrique

Depuis les années 1960 et la décolonisation, il existe une spécificité de la relation France-Afrique, généralement désignée par le néologisme péjoratif « Françafrique ». Cette spécificité, qui s’explique par le rapport « dominant-dominé », les affinités personnelles des dirigeants, ainsi que les pressions et les intérêts souvent peu transparents, porte en germe le malentendu originel du système de coopération instauré par l’accession à l’indépendance. La difficulté principale pour la France est de définir une doctrine de la Françafrique qui s’insère dans la politique extérieure générale. L’échec des différentes réformes montre ainsi le poids encore profond de l’histoire coloniale. De plus, la pratique interventionniste de la France en Afrique crée une suspicion de complicité et de soutien aux régimes – souvent autoritaires – en place et participe à l’émergence d’une opinion publique africaine hostile, qui ne comprend pas l’action de la France, assimilée à une opération de police intérieure. De ce point de vue, la crise ivoirienne semble être un moment charnière. Enfin, on constate un déclin croissant de l’influence culturelle, politique et économique de la France, tandis que de nouvelles critiques se font jour à travers les problématiques de l’immigration (visas, quotas…) et de l’aide au développement. Les réactions au Discours de Dakar du Président Sarkozy sont à cet égard révélatrices de ce déclin.

Le sommaire de l’AFRI 2009