Du bon usage de la réforme des institutions palestiniennes. Le cas de la deuxième Intifada

Résumé Depuis l’automne 2000, la question de la réforme des institutions palestiniennes domine le cours de la deuxième Intifada. Leur faillite généralisée (des lieux de pouvoir et de ses dirigeants) serait à l’origine du blocage du processus de paix et de la surenchère sécuritaire que se livrent les deux principaux protagonistes. Les Etats-Unis, dans l’ombre des attentats du 11 septembre, ont relayé l’analyse israélienne pour l’élargir au monde arabe, auquel un nouveau partenariat fondé sur la bonne gouvernance est officiellement «proposé». Loin de devoir uniquement préparer à la reprise d’un dialogue politique entre Israéliens et Palestiniens, le «bon solutionnement» du problème institutionnel palestinien a surtout permis l’introduction de nouveaux outils dans le dossier du Proche-Orient, dont la Feuille de route promue par le Quartet et le Plan de retrait de la Bande de Gaza élaboré par le Premier ministre israélien. Leur complémentarité avec le processus de paix peut objectivement être discutée. Alors que, actuellement, la disparition du leader historique palestinien laisse apparaître de nouveaux points de blocage (dont la question de son héritage politique), se dessine un règlement de paix unilatéral susceptible de bouleverser les principes élémentaires d’une paix viable et durable. La question de la réforme palestinienne, pour essentielle qu’elle soit, peut aussi agir comme un alibi facilitant la promotion de visions politiques en décalage, voire en rupture, avec les engagements de paix pris au cours de la dernière décennie. – Le sommaire de l’AFRI 2005