L’emploi de la force dans un monde en changement, perspectives américaines et européennes

Résumé Les années 1990 ont été le théâtre d’un débat international de plus en plus animé sur les interventions humanitaires et les obligations des Etats à assurer les droits des individus dans les cas où les gouvernements cherchaient systématiquement à dénier les droits de l’homme les plus fondamentaux (droits à la vie, à l’alimentation ou encore à l’asile). La discussion actuelle sur la manière dont gérer la menace que représente le terrorisme – la combinaison de terroristes, de tyrans et de technologies de destruction massive – est en grande partie une extension de ce précédent débat. En effet, les deux mettent en lumière le besoin pressant d’imaginer un nouveau cadre pour déterminer quand, comment et par qui la force peut être utilisée. Les anciennes règles qui, dans de nombreux cas, empêchent l’usage de la force d’une manière opportune et efficace, ne sont plus en phase avec les nouvelles menaces à gérer. Cependant, les nouvelles règles suggérées par la doctrine de préemption de l’Administration Bush, tout en renforçant la possibilité d’utiliser la force pour gérer les nouvelles menaces, ignorent le besoin de légitimer l’usage de la force, besoin qui, par souci de maintenir un ordre international viable, demeure pourtant d’une importance aussi vitale que celui d’assurer une plus grande efficacité dans son application. Le défi est donc de façonner de nouvelles règles qui renforcent à la fois l’efficacité et la légitimité de l’usage de la force. Il ne peut être relevé que si les Etats-Unis et leurs principaux partenaires internationaux, en particulier leurs amis en Europe, travaillent ensemble à créer de nouvelles règles pour gérer les menaces nouvelles. –Le sommaire de l’AFRI 2003