La médiatisation des relations internationales et les médias comme enjeu

Texte intégral Les crises internationales majeures, a fortiori quand elles se traduisent par de fortes tensions régionales, voire par des conflits armés, ont progressivement gagné en médiatisation à l’échelle mondiale. Cependant, elles ont également entraîné, chaque fois, des modes de relations spécifiques entre les sources concernées et les médias via les professionnels de l’information que sont les journalistes. Aucune des crises depuis le courant des années 1980 ne présente un scénario identique dans son traitement médiatique. Que ce soit lors de la « guerre des Malouines » (1982), de l’intervention militaire américaine à la Grenade (1983), de la « révolution roumaine » (1989), de la nouvelle intervention américaine au Panama (1989-1990), des guerres civiles au sein de l’ex-Yougoslavie, dont l’intervention de l’OTAN pour dénouer la crise du Kosovo (1999), sans oublier le conflit inter-ethnique du Rwanda de 1994-1995, puis, plus récemment, la « Seconde Intifada » et les attentats du 11 septembre 2001, la médiatisation a, chaque fois, pris une ampleur croissante se mesurant en termes ne serait-ce que quantitatifs : nombre de dépêches d’agence, de médias saisis, de sujets de reportages, volume ou espace, place accordés, etc. Cela, à la fois, en raison des enjeux propres à chacune des « crises », des techniques de communication qui se sont développées, mais, surtout, des processus relationnels entre acteurs ayant, précisément, conduit à leur médiatisation dans les pays de l’Occident démocratique. – Le sommaire de l’AFRI 2003