Les BRIC : du quiproquo au quid pro quo ?

La soudaineté de l’essor des BRIC, l’absence de précédent pertinent pour des pays de cette taille, l’impact du phénomène sur l’ordre international, les incertitudes concernant les intentions des nouvelles puissances, tout cela a contribué à maintenir dans la conversation sur l’émergence un quiproquo permettant aux protagonistes de projeter sur eux-mêmes et sur l’autre des perceptions ambiguës destinées à conforter leur statut et à servir leurs intérêts. Toutefois, la perspective de l’avènement inéluctable et prochain d’une multipolarité, économique, politique et stratégique, fondée sur le dynamisme réputé autonome, imperturbable et conquérant de la croissance des BRIC, a été rudement contestée par la vulnérabilité, révélée dans le sillage de la faillite de Lehman Bros et réitérée par la crise de la zone euro, des nouveaux de centre de gravité de l’économie mondiale aux travers financiers et aux maux économiques des pays du vieux centre. La grande récession, confrontant les puissances établies comme les BRIC à la nécessité de reformes structurelles, a mis à mal le quiproquo contenu dans le discours sur les BRIC et contraint les Etats à sortir de l’ambiguïté quant aux demandes adressées à leurs partenaires et leur conception des relations économiques et financières respectueuses de leurs intérêts auxquelles ils aspirent.