Peut-on (encore) sauver le Sommet mondial sur la société de l’information ?

A la veille de son terme, 2015, fixé par son Agenda de Tunis, les agences onusiennes en charge du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) veulent en prolonger le cours, à l’instar des Objectifs de développement du Millénaire (ODM), en invoquant notamment ses liens avec cet autre processus – majeur celui-là – des Nations Unies. Cependant, outre que la réalité et l’apport bénéfique de ces liens restent à prouver, le SMSI – jusqu’à présent – a failli à atteindre les objectifs majeurs de son Plan d’action, notamment en raison d’une ouverture limitée sur le monde réel et d’une vision techniciste réductrice des problématiques sociétales. Après une analyse des évolutions les plus marquantes observées dans deux domaines majeurs, les communications mobiles et l’Internet, l’article identifie les conséquences les plus importantes et montre le décalage du discours du SMSI par rapport à elles. Le Forum 2013 n’a pas fait la démonstration convaincante pour justifier le prolongement au-delà de son échéance du processus du SMSI. Seuls sa redynamisation et un changement méthodologique profond, accompagnés d’une approche réellement pluridisciplinaire et critique, devraient inciter les Nations Unies à continuer le SMSI au-delà de 2015.