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	<title>Centre Thucydide - analyse et recherche en relations internationales</title>
	<link>http://www.afri-ct.org/</link>
	<description>Le Centre Thucydide - analyse et recherche en relations internationales - est un institut de recherche de l'Universit&#233; Panth&#233;on - Assas (Paris II). Il publie l' Annuaire fran&#231;ais de relations internationales (revue aux Editions Bruylant) qui rassemble chaque ann&#233;e, dans un esprit pluridisciplinaire, les contributions de sp&#233;cialistes, universitaires et chercheurs, diplomates, experts, fran&#231;ais ou &#233;trangers. Il publie &#233;galement en liaison avec le Sociological Association of the UAE, la collection Global Undestanding Series (LGDJ). Le Centre Thucydide se consacre en g&#233;n&#233;ral aux relations politiques internationales et en particulier aux questions de s&#233;curit&#233; internationale. Il est dirig&#233; depuis sa fondation en 1999 par Serge SUR.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Centre Thucydide - analyse et recherche en relations internationales</title>
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		<title>Variations sur le droit humanitaire</title>
		<link>http://www.afri-ct.org/Variations-sur-le-droit</link>
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		<dc:date>2010-08-14T00:22:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>COLIN Jean-Pierre </dc:creator>


		<dc:subject>Droits de l'homme</dc:subject>
		<dc:subject>Droit international</dc:subject>
		<dc:subject>Gouvernance</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Aux yeux de ses thurif&#233;raires, le droit international humanitaire aurait atteint tous ses objectifs, ainsi que tend &#224; le montrer une &#233;tude publi&#233;e r&#233;cemment sous l'&#233;gide du Comit&#233; international de la Croix-Rouge. Cependant, la r&#233;alit&#233; du terrain ne confirme gu&#232;re cette impression. L'incertitude demeure quant &#224; la port&#233;e de r&#232;gles &#224; la fois coutumi&#232;res et conventionnelles. Lorsque les plus hautes juridictions internationales doivent mettre en &#339;uvre ces derni&#232;res, elles s'en tiennent souvent &#224; des consid&#233;rations de principe, sans avoir l'audace d'en tirer les cons&#233;quences pratiques. De sorte que le droit humanitaire appara&#238;t en fin de compte comme un paradoxe &#224; g&#233;om&#233;trie variable : s'il est appliqu&#233;, c'est toujours uniquement dans l'espoir de la r&#233;ciprocit&#233; ; et si la sophistication r&#233;cente des armements permet d'envisager, par exemple, une meilleure protection des non-combattants, sa mise en &#339;uvre devient alors une arme de propagande.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.afri-ct.org/-Politiques-juridiques-" rel="directory"&gt;02. Approches juridiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.afri-ct.org/+-Droits-de-l-homme-+" rel="tag"&gt;Droits de l'homme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.afri-ct.org/+-Droit-international-+" rel="tag"&gt;Droit international&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.afri-ct.org/+-Gouvernance-+" rel="tag"&gt;Gouvernance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aux yeux de ses thurif&#233;raires, le droit international humanitaire aurait atteint tous ses objectifs, ainsi que tend &#224; le montrer une &#233;tude publi&#233;e r&#233;cemment sous l'&#233;gide du Comit&#233; international de la Croix-Rouge. Cependant, la r&#233;alit&#233; du terrain ne confirme gu&#232;re cette impression. L'incertitude demeure quant &#224; la port&#233;e de r&#232;gles &#224; la fois coutumi&#232;res et conventionnelles. Lorsque les plus hautes juridictions internationales doivent mettre en &#339;uvre ces derni&#232;res, elles s'en tiennent souvent &#224; des consid&#233;rations de principe, sans avoir l'audace d'en tirer les cons&#233;quences pratiques. De sorte que le droit humanitaire appara&#238;t en fin de compte comme un paradoxe &#224; g&#233;om&#233;trie variable : s'il est appliqu&#233;, c'est toujours uniquement dans l'espoir de la r&#233;ciprocit&#233; ; et si la sophistication r&#233;cente des armements permet d'envisager, par exemple, une meilleure protection des non-combattants, sa mise en &#339;uvre devient alors une arme de propagande.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.afri-ct.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='http://www.afri-ct.org/AFRI-volume-XI-2010' class='spip_in'&gt;Le sommaire de l'AFRI 2010&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>dd

<item xml:lang="fr">
		<title>La convention d'Ottawa et la lutte antimines : &#233;l&#233;ments d'&#233;valuation et perspectives (2&#232;me partie)</title>
		<link>http://www.afri-ct.org/La-convention-d-Ottawa-et-la-lutte,2303</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.afri-ct.org/La-convention-d-Ottawa-et-la-lutte,2303</guid>
		<dc:date>2010-05-25T11:03:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>CHASLES Jean-Marie</dc:creator>


		<dc:subject>Multilat&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Droit international</dc:subject>
		<dc:subject>Gouvernance</dc:subject>

		<description>Lire le d&#233;but La convention d'Ottawa tire, aux yeux de nombreux observateurs, une grande partie de son originalit&#233; de son volet humanitaire. Ce volet comporte deux dimensions : la pr&#233;vention et la prise en charge des maux caus&#233;s par les mines antipersonnel. Les mesures d'ordre pr&#233;ventif introduites dans la convention d'Ottawa s'attaquent non seulement aux mines pos&#233;es dans le sol (des engins qui constituent &#224; ce titre un danger potentiel pour les populations) mais aussi aux mines stock&#233;es par (...)

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&lt;a href="http://www.afri-ct.org/+-Gouvernance-+" rel="tag"&gt;Gouvernance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='http://www.afri-ct.org/La-convention-d-Ottawa-et-la-lutte' class='spip_in'&gt;Lire le d&#233;but&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
La convention d'Ottawa tire, aux yeux de nombreux observateurs, une grande partie de son originalit&#233; de son volet humanitaire. Ce volet comporte deux dimensions : la pr&#233;vention et la prise en charge des maux caus&#233;s par les mines antipersonnel.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Les mesures d'ordre pr&#233;ventif introduites dans la convention d'Ottawa s'attaquent non seulement aux mines pos&#233;es dans le sol (des engins qui constituent &#224; ce titre un danger potentiel pour les populations) mais aussi aux mines stock&#233;es par les Etats. Ces derni&#232;res ne repr&#233;sentent pas, &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, un danger &#224; court terme mais elles pourraient au gr&#233; des circonstances &#234;tre utilis&#233;es, peut-&#234;tre m&#234;me &#224; l'encontre de l'Etat qui les a produites ou qui les conserve, notamment si elles tombaient entre les mains de certains acteurs non &#233;tatiques.&lt;br&gt; La convention d'Ottawa impose donc &#224; chaque Etat partie de d&#233;truire toutes les mines se trouvant &#171; &lt;i&gt;sous sa juridiction ou sous son contr&#244;le&lt;/i&gt; &#187; &#224; savoir les stocks, dans un d&#233;lais de quatre ans &#8211; aucune prolongation de d&#233;lai n'&#233;tant pr&#233;vue &#8211; (article 4) et les mines antipersonnel pos&#233;es, dans un d&#233;lai renouvelable de dix ans (article 5).&lt;br&gt;
Les autres mesures pr&#233;ventives n'ont pas, quant &#224; elles, de caract&#232;re obligatoire. L'article 5 pr&#233;voit que chaque Etat partie s'efforce d'identifier les zones min&#233;es et d'en emp&#234;cher l'acc&#232;s aux populations. L'&#233;ducation rel&#232;ve de l'article 6 qui traite de la coop&#233;ration et de l'assistance internationales. Le plaidoyer, tr&#232;s important aux yeux des ONG qui soulignent la n&#233;cessit&#233; d'interdire les armes aux cons&#233;quences analogues aux mines antipersonnel, n'est que partiellement &#233;voqu&#233; dans le pr&#233;ambule : les Etats parties soulignant le r&#244;le de la conscience publique incarn&#233;e par les ONG et le CICR dans l'avancement des principes humanitaires et l'interdiction des mines antipersonnel.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
La seconde dimension de ce volet humanitaire concerne essentiellement la prise en charge des victimes. Elle est &#233;voqu&#233;e d&#232;s le pr&#233;ambule mais ne constitue pas une priorit&#233; pour autant puisqu'elle n'est reprise que dans l'article 6 intitul&#233; : &#171; &lt;i&gt;coop&#233;ration et assistance internationales&lt;/i&gt; &#187;, un article plut&#244;t incitatif qui se contente d'inviter les Etats &#224; prendre la plus grande part possible dans la lutte antimines.&lt;br&gt;
La convention d'Ottawa place donc la destruction des mines (c'est &#224; dire les mesures de d&#233;sarmement) en t&#234;te de ses priorit&#233;s. Cette derni&#232;re rev&#234;t un caract&#232;re obligatoire tandis que les dispositions concernant l'&#233;ducation, l'assistance aux victimes, le plaidoyer (les autres piliers de la lutte antimines) restent plut&#244;t envisag&#233;es sous l'angle de l'assistance et du volontariat.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Cette faiblesse du volet humanitaire alt&#232;re l'originalit&#233; de la convention d'Ottawa. Plus que la convention, ce sont de toute fa&#231;on les Etats qui fixent l'ordre des priorit&#233;s qu'ils assignent &#224; la lutte antimines. Pour l'heure, les Etats se sont conform&#233;s aux priorit&#233;s pr&#233;vues par la convention d'Ottawa qu'ils soient ou non parties &#224; la convention. Ainsi, les Etats Unis au m&#234;me titre que nombre d'Etats europ&#233;ens et que l'UE ont en tant que principaux bailleurs de fonds privil&#233;gi&#233; le d&#233;minage et la destruction des stocks. Cet objectif n'a pas &#233;t&#233; atteint pour autant puisque plusieurs Etats ont demand&#233; des prolongations de d&#233;lai pour le d&#233;minage (des retards opportuns qui leur permettent de b&#233;n&#233;ficier des effets des zones non encore d&#233;min&#233;es ?) ou de l'assistance dans la destruction de leurs stocks.&lt;br&gt;
Certains acteurs parmi lesquels les ONG militent toutefois pour une prise en compte accrue des autres piliers de l'action antimines. Reste &#224; savoir si elles seront entendues et si cet effort suppl&#233;mentaire ne s'op&#233;rera pas au d&#233;triment des capacit&#233;s d&#233;j&#224; insuffisantes de d&#233;minage.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
La manne qui a permis de progresser dans la lutte antimines durant les deux derni&#232;res d&#233;cennies pourrait bien se tarir car la convention d'Ottawa, de ce point de vue, ne grave rien dans le marbre. Ce qui se traduirait par la n&#233;cessit&#233; de faire des choix parfois douloureux mais aussi de r&#233;fl&#233;chir &#224; la mani&#232;re de mieux d&#233;penser les sommes allou&#233;es par exemple en investissant davantage dans la recherche-d&#233;veloppement pour moderniser les capacit&#233;s de d&#233;minage ou en &#233;valuant davantage l'impact et les r&#233;sultats des programmes lanc&#233;s. Le plaidoyer et les efforts d&#233;ploy&#233;s &#224; l'encontre des armes &#224; sous-munitions (l'adoption r&#233;cente d'une convention encadrant l'usage de ces armes) ont offert un r&#233;pit qui n'est peut &#234;tre que provisoire, c'est pourquoi il convient d&#232;s &#224; pr&#233;sent de repenser l'action antimines peut &#234;tre d'abord en r&#233;affirmant que le d&#233;minage demeure la premi&#232;re des priorit&#233;s. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>dd

<item xml:lang="fr">
		<title>L'Union Europ&#233;enne face &#224; la crise. Entre d&#233;possession et ma&#238;trise d'elle-m&#234;me.</title>
		<link>http://www.afri-ct.org/L-Union-Europeenne-face-a-la-crise</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.afri-ct.org/L-Union-Europeenne-face-a-la-crise</guid>
		<dc:date>2010-05-19T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SUR Serge </dc:creator>


		<dc:subject>Gouvernance</dc:subject>
		<dc:subject>Union europ&#233;enne</dc:subject>

		<description>Une crise est toujours l'acc&#233;l&#233;rateur et le r&#233;v&#233;lateur de tendances latentes dont elle porte les contradictions &#224; leur point extr&#234;me, &#224; leur point de rupture. Elle peut permettre d'en prendre conscience et par l&#224; de les corriger. Mais il est deux mani&#232;res de le faire. Ou l'on r&#233;sout la crise elle-m&#234;me, sans atteindre les tendances profondes qui en &#233;taient l'origine, et l'on est alors condamn&#233; &#224; la revivre. Ou bien l'on saisit cette occasion pour provoquer une rupture plus fondamentale et &#233;liminer ainsi tout (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une crise est toujours l'acc&#233;l&#233;rateur et le r&#233;v&#233;lateur de tendances latentes dont elle porte les contradictions &#224; leur point extr&#234;me, &#224; leur point de rupture. Elle peut permettre d'en prendre conscience et par l&#224; de les corriger. Mais il est deux mani&#232;res de le faire. Ou l'on r&#233;sout la crise elle-m&#234;me, sans atteindre les tendances profondes qui en &#233;taient l'origine, et l'on est alors condamn&#233; &#224; la revivre. Ou bien l'on saisit cette occasion pour provoquer une rupture plus fondamentale et &#233;liminer ainsi tout retour &#224; une crise de m&#234;me nature &#8211; ce qui ne veut pas dire que d'autres, mais d'un type diff&#233;rent, ne pourront pas resurgir.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Comme on le sait, une crise pr&#233;sente ainsi toujours un aspect n&#233;gatif, les destructions qu'elle entra&#238;ne et les insuffisances qu'elle met &#224; jour, et un aspect positif, la tension qu'elle provoque et la n&#233;cessit&#233; de la surmonter permettant parfois de r&#233;gler &#224; chaud des questions que l'on pr&#233;f&#233;rait laisser dormir. La pr&#233;sente crise, financi&#232;re voire boursi&#232;re &#224; son origine, puis &#233;conomique et d&#233;sormais virtuellement politique ne fait pas exception. Ce qu'elle r&#233;v&#232;le d'un c&#244;t&#233;, c'est un ph&#233;nom&#232;ne de d&#233;possession sur plusieurs registres &#8211; d&#233;possession en g&#233;n&#233;ral des Etats de la ma&#238;trise des circuits financiers, en particulier de l'Europe face &#224; la pr&#233;pond&#233;rance am&#233;ricaine. Ce qu'elle pourrait permettre de l'autre, c'est la reprise par l'Union europ&#233;enne de la ma&#238;trise de ses propres affaires, ce qui serait une mani&#232;re pour elle de sortir de la crise par le haut.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;I.&#8211; L'Union europ&#233;enne d&#233;poss&#233;d&#233;e d'elle-m&#234;me&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
D&#233;possession parce que la crise est d'origine am&#233;ricaine, qu'elle est le produit d'une politique am&#233;ricaine, et parce qu'elle se caract&#233;rise par le souci qu'ont les Etats-Unis de la r&#233;soudre en la faisant financer par les autres, en ne se pr&#233;occupant pas des cons&#233;quences qu'elle entra&#238;ne pour eux et en pr&#233;tendant exercer sur l'ext&#233;rieur une h&#233;g&#233;monie sans contr&#244;le qui conduit &#224; une pr&#233;dation &#224; son profit et &#224; leur d&#233;triment &#8211; en particulier au d&#233;triment de l'UE. Mais la crise ne fait l&#224; que r&#233;v&#233;ler une d&#233;possession plus profonde et plus ancienne, et que r&#233;v&#233;ler la persistance de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine. Elle est d'abord intellectuelle, elle est ensuite politique, elle est encore &#233;conomique, et le tout converge vers une d&#233;possession culturelle. Dans ces conditions, la pr&#233;tendue gouvernance mondiale n'est qu'un leurre.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;D&#233;possession intellectuelle&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Un d&#233;tour est ici n&#233;cessaire pour illustrer le propos, plus par un apologue que par une analyse. Il peut surprendre, mais il va s'&#233;clairer. Edward Luttwak est un sp&#233;cialiste am&#233;ricain renomm&#233; des questions strat&#233;giques, auxquelles il a consacr&#233; de savants ouvrages. Il est en particulier l'auteur d'un livre paru en 1976 et traduit en fran&#231;ais en 1987, &lt;i&gt;La grande strat&#233;gie de l'empire romain&lt;/i&gt; (Economica ; 2e &#233;dition, 2009). Il y analyse les m&#233;rites respectifs de la domination h&#233;g&#233;monique et de la domination imp&#233;riale et le passage de l'une &#224; l'autre. Quel rapport ? Edward Luttwak est d'origine roumaine, donc Europ&#233;en, puis a mis sa r&#233;flexion et son intelligence au service des Etats-Unis. Lorsqu'il traite de l'empire romain, c'est de nous et de notre &#233;poque qu'il parle. Il ma&#238;trise parfaitement l'histoire antique, notre histoire. Tout ceci tourne au profit des Etats-Unis, de leurs &lt;i&gt;think tanks&lt;/i&gt; et de ses options politiques &#8211; il fut un conseiller &#233;cout&#233; sous la pr&#233;sidence Reagan. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Voila une premi&#232;re d&#233;possession, la d&#233;possession intellectuelle, car Edward Luttwak est loin d'&#234;tre le seul de son genre. Les noms de ses semblables se pressent &#224; l'esprit. D&#233;possession aussi de notre histoire. Son livre en &#233;voque deux autres : Montesquieu au d&#233;but du XVIIIe, &lt;i&gt;Consid&#233;rations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur d&#233;cadence&lt;/i&gt; (1734), o&#249; il traitait en r&#233;alit&#233; de l'Europe de son temps ; Albert Thibaudet deux si&#232;cles plus tard, &lt;i&gt;La campagne avec Thucydide&lt;/i&gt; (1922), comparaison tr&#232;s &#233;clairante entre la guerre du P&#233;loponn&#232;se, tombeau de la Gr&#232;ce antique, et la premi&#232;re guerre mondiale, tombeau de l'Europe moderne. Ainsi ce ne sont plus des Europ&#233;ens qui &#233;clairent le monde au profit de l'Europe, ce sont des Europ&#233;ens devenus Am&#233;ricains &#8211; sous l'Antiquit&#233; on aurait dit des Affranchis - au profit des Etats-Unis. Une fois vaincus, Les Grecs ont agi de m&#234;me sous Rome, mais au moins ils n'ont pas tourn&#233; la Gr&#232;ce en d&#233;rision ni ne l'ont reni&#233;e. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;D&#233;possession politique&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt; A nouveau, l'ouvrage d'Edward Luttwak peut nous servir de fil rouge. Il est apparemment consacr&#233; aux questions militaires, mais il marque combien toute strat&#233;gie militaire est enracin&#233;e dans et domin&#233;e par des consid&#233;rations politiques, &#233;conomiques et sociales, m&#234;me culturelles. Il souligne aussi ce qu'elle doit aussi &#224; la nature et &#224; la stabilit&#233; du r&#233;gime politique interne. Ce qui nous int&#233;resse ici est sa description de l'h&#233;g&#233;monie, qui a correspondu au syst&#232;me des empereurs de la p&#233;riode claudio-julienne puis des Flaviens aux S&#233;v&#232;res. Elle est caract&#233;ris&#233;e par le refus des extensions territoriales, par un effort de romanisation progressive des espaces sous contr&#244;le et de leurs confins, et par le recours &#224; des Etats clients, dont les dirigeants &#233;taient plus ou moins adoub&#233;s par Rome et lui servaient d'auxiliaires dans leurs dispositions s&#233;curitaires, tout en &#233;tant &#233;conomiquement d&#233;pendants. Un tel syst&#232;me ne conna&#238;t pas d'&#233;gaux, &#224; peine des partenaires, et surtout des vassaux. Les nouveaux membres de l'OTAN en sont des caricatures. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&#171; Amis et alli&#233;s du peuple romain &#187;, telle &#233;tait la r&#233;compense des Etats clients. Des mesures diverses de coercition les atteignaient s'ils pr&#233;tendaient secouer le joug, mais Rome ne se pr&#233;occupait pas de la nature de leurs r&#233;gimes internes. Seule comptait leur docilit&#233;. Rome pr&#233;f&#233;rait le bilat&#233;ralisme, mais tenait de temps &#224; autre des conf&#233;rences r&#233;gionales o&#249; chacun comparaissait comme &#224; une Cour. Comment ne pas y voir une anticipation de l'OTAN, instrument de la domination am&#233;ricaine au sein duquel les membres europ&#233;ens sont r&#233;duits &#224; des forces d'appoint et priv&#233;s de la capacit&#233; de d&#233;finir et de garantir par eux-m&#234;mes leurs int&#233;r&#234;ts propres ? Ainsi d&#233;poss&#233;d&#233;s de la ma&#238;trise de leur s&#233;curit&#233;, ils sont sous protectorat. C'est un Grec, Plutarque, qui a formul&#233; cette maxime m&#233;lancolique &#224; l'&#233;poque claudio-julienne : &#171; Un peuple qui ne peut assurer par lui-m&#234;me sa propre s&#233;curit&#233; ne peut pas &#234;tre un peuple libre &#187;. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;D&#233;possession &#233;conomique et financi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Cette d&#233;possession se d&#233;cline &#233;galement sur le plan &#233;conomique. Elle est plus marqu&#233;e aujourd'hui qu'&#224; l'&#233;poque romaine, parce que les ressorts de la puissance contemporaine sont plus &#233;conomiques qu'ils ne l'&#233;taient alors. Mais elle compl&#232;te une domination militaire qui ne saurait exister sans elle et qui serait insuffisante &#224; elle seule &#8211; le sort de l'URSS l'a bien montr&#233;. Les Etats-Unis ont su mettre au point des m&#233;canismes qui assurent leur supr&#233;matie sur ce terrain, qui leur permettent de vivre &#224; cr&#233;dit au d&#233;triment d'autrui et qui reposent sur plusieurs &#233;l&#233;ments. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
D'abord, un opportunisme permanent, un jour passant par des organisations internationales, un jour par leur rejet &#8211; celui du syst&#232;me de Bretton Woods apr&#232;s la guerre du Vietnam par exemple ; un jour par la d&#233;r&#233;gulation du syst&#232;me bancaire et la possibilit&#233; pour lui de cr&#233;er de la monnaie de fa&#231;on ind&#233;finie &#8211; curieuse contradiction d'une politique qui se r&#233;clame par ailleurs d'un mon&#233;tarisme vigilant, mais c'est surtout, avec le FMI, pour les autres ; un autre jour par le retour de la r&#233;gulation, voire d'une quasi nationalisation de banques ou d'entreprises qu'il faut sauver de la faillite. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Ensuite, le contr&#244;le des instruments financiers internationaux essentiels. On vient de citer le FMI, mais il n'est rien par rapport &#224; la supr&#233;matie internationale du Dollar am&#233;ricain, seule monnaie nationale dans l'histoire &#224; &#234;tre en m&#234;me temps monnaie internationale de r&#233;serve et d'&#233;change. Il permet aux Etats-Unis de vivre en permanence &#224; cr&#233;dit, de faire financer leur politique par l'ext&#233;rieur, d'exporter leurs difficult&#233;s et d'en imposer le poids &#224; autrui &#8211; inflation voici quelques d&#233;cennies, crise bancaire puis financi&#232;re plus r&#233;cemment. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
On pourrait encore ajouter le r&#244;le des agences de notation, am&#233;ricaines pour la plupart, qui ne sont contr&#244;l&#233;es par personne. Au-del&#224; des banques et institutions financi&#232;res, ce sont les Etats qui sont aussi concern&#233;s. On conna&#238;t les &#171; pigs &#187;. Quelle distance culturelle, quel m&#233;pris, traduisent cet acronyme, qui flirte avec le racisme ! Car comme par hasard, ce sont des pays europ&#233;ens, des pays latins, pour la plupart catholiques qui sont vis&#233;s &#8211; alors que si l'on retient les m&#234;mes crit&#232;res, n'est pas les Etats-Unis, leurs banquiers, leurs traders, leurs agences de notation, qui sont les plus gros &#171; pigs &#187; ? &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;D&#233;possession culturelle&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Inutile de s'appesantir longuement sur ce point, qui rejoint le point de d&#233;part, la d&#233;possession intellectuelle, tout en l'&#233;largissant. L'am&#233;ricanisation du monde, favoris&#233;e par l'usage international obligatoire de l'anglais, par une industrie cin&#233;matographique et t&#233;l&#233;visuelle dominante &#8211; qui pille sans vergogne &#339;uvres et sc&#233;narios d'origine europ&#233;enne -, par le d&#233;veloppement et la gestion de l'internet, r&#233;pond &#224; la romanisation rampante que cultivaient les premiers empereurs romains. Alors, bien s&#251;r, l'Occident, ses valeurs communes et universelles de libert&#233;, d'&#233;galit&#233; des droits, d'individualisme et de libre examen. Mais &#224; quoi bon si, renversant ses principes, il n'est plus que le doux nom de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine ? &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Ainsi, on trouve en Europe une culture de la soumission, l'id&#233;e flottante et g&#233;n&#233;rale que tout ce que l'on peut faire c'est d'&#234;tre aussi proche que possible des Etats-Unis &#8211; et le retour de la France dans les organismes int&#233;gr&#233;s de l'OTAN en est une marque qui va bien au-del&#224; de ses aspects techniques. Il est si flatteur d'&#234;tre de la Grande Arm&#233;e ! Mais si c'est pour y jouer un r&#244;le subalterne ? Les Fran&#231;ais sp&#233;cialement feraient bien de se souvenir d'une p&#233;riode, pas si lointaine, celle qui a pr&#233;c&#233;d&#233; la seconde guerre mondiale, durant laquelle les int&#233;r&#234;ts de s&#233;curit&#233; du pays &#233;taient subordonn&#233;s au maintien de la solidarit&#233; avec le Royaume-Uni, qui objectivement favorisait le rel&#232;vement de l'Allemagne &#8230; Le mythe du grand fr&#232;re a la vie dure, mais rarement des lendemains qui chantent. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Au surplus, les valeurs occidentales, ne sont-elles pas absorb&#233;es et r&#233;sum&#233;es par l'&#233;conomie, par une &#233;conomie marchande qui conna&#238;t le prix de tout et la valeur de rien ? Qui fait de l'escroquerie organis&#233;e un raffinement intellectuel, presque l'un des beaux arts ? Il est frappant d'observer que l'&#233;conomie politique internationale est avant tout une science am&#233;ricaine, que les experts europ&#233;ens sont largement les disciples de ses &#233;coles et de ses analyses, et que, plus encore que leurs confr&#232;res am&#233;ricains, ils sont au service d'un syst&#232;me bancaire domin&#233; par les Etats-Unis. Un &#233;conomiste n'est gu&#232;re pris au s&#233;rieux que si son CV fait appara&#238;tre une puissante formation au sein des universit&#233;s am&#233;ricaines, sinon il n'est qu'un provincial. La petite voix des contestataires ne peut gu&#232;re se faire entendre, et l'effondrement du monde sovi&#233;tique, la d&#233;consid&#233;ration intellectuelle de la pens&#233;e socialiste constituent une rente de situation pour la pens&#233;e lib&#233;rale sur laquelle elle tire des traites ind&#233;finies. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;Le mythe de la gouvernance mondiale&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Dans ces conditions, le th&#232;me de la gouvernance n'est qu'un leurre. Il l'est pour plusieurs raisons. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
D'abord, sur le plan interne am&#233;ricain. Tout ce qui pr&#233;c&#232;de ne conduit nullement &#224; la conclusion d'une sorte de complot conscient et organis&#233; des dirigeants am&#233;ricains pour mettre le reste du monde en coupe r&#233;gl&#233;e. Bien au contraire, les dirigeants am&#233;ricains sont loin de ma&#238;triser la situation, parce qu'ils ont abandonn&#233; au nom du lib&#233;ralisme nombre de moyens de contr&#244;le de l'&#233;conomie et de la finance. Parce qu'&#233;galement on les voit hors d'&#233;tat de r&#233;gler les grandes questions internationales, prolif&#233;ration des ADM, terrorisme islamique, conflits isra&#233;lo palestinien, iraquien, afghan &#8230; En r&#233;alit&#233; la pr&#233;sidence am&#233;ricaine est tributaire du Congr&#232;s, lui-m&#234;me d&#233;pendant des lobbies au premier chef, des &#233;lecteurs au second. Ni les uns ni les autres ne s'int&#233;ressent au monde ext&#233;rieur, sinon en fonction d'int&#233;r&#234;ts &#224; court terme, et d'int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains. Plus que jamais se v&#233;rifie la formule de Tocqueville : &#171; Les d&#233;mocraties r&#232;glent les questions du dehors par les raisons du dedans &#187;.
Quand bien m&#234;me ils le voudraient, les pr&#233;sidents am&#233;ricains ne sont pas les ma&#238;tres de leur comportement international. On l'observe avec les difficult&#233;s de ratification de divers trait&#233;s multilat&#233;raux, dans les domaines de la s&#233;curit&#233; ou plus simplement des espaces &#8211; la Convention de Montego Bay de 1982 sur le droit de la mer par exemple. Leur souci principal &#8211; et l&#224;-dessus ils sont en accord avec le Congr&#232;s &#8211; consiste &#224; garder les mains libres et &#224; ne pas &#234;tre li&#233;s par des engagements internationaux. L'&#233;chec de la conf&#233;rence de Copenhague l'a une nouvelle fois d&#233;montr&#233;. L'attitude &#224; l'&#233;gard du Conseil de s&#233;curit&#233; et du recours &#224; la force arm&#233;e, ou sur le plan &#233;conomique &#224; l'&#233;gard de l'OMC et des contre mesures qu'elle peut autoriser l'illustre, alors qu'il s'agit pourtant d'institutions internationales cr&#233;&#233;es &#224; l'initiative des Etats-Unis et largement tributaires de leur volont&#233;. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Ainsi les Etats-Unis, qui seuls pourraient donner corps &#224; une gouvernance mondiale organis&#233;e, ne le peuvent pas ni ne le veulent pas. Ils ne le peuvent pas, parce que leur syst&#232;me politique subordonne leur vision du monde &#224; des int&#233;r&#234;ts internes et les enferme dans une logique nationale beaucoup plus qu'internationale &#8211; quelle que soit la rh&#233;torique qu'ils utilisent &#224; ce sujet. Ils ne le veulent pas, parce que leur politique est pr&#233;cis&#233;ment fond&#233;e sur la promotion de leur int&#233;r&#234;t national, sup&#233;rieur &#224; tout autre. Leur protectionnisme inavou&#233; mais r&#233;el le d&#233;montre amplement. Tant mieux si cet int&#233;r&#234;t national co&#239;ncide avec celui des autres, sinon tant pis. N'est-ce pas l&#224; leur &#171; destin&#233;e manifeste &#187;, qui veut qu'une &#171; nation indispensable &#187; exerce une &#171; h&#233;g&#233;monie bienveillante &#187; ? On peut observer qu'aussi bien le G 7 que le G 8 puis le G 20 ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s &#224; la suite d'initiatives europ&#233;ennes, non am&#233;ricaines, et qu'ils y accordent certainement moins d'importance que les autres membres.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;II.- A la recherche d'une ma&#238;trise de l'Europe par elle-m&#234;me&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
La crise, comme on a tent&#233; de le montrer, est r&#233;v&#233;latrice non pas tant d'une absence de gouvernance que d'une structure de domination, tout particuli&#232;rement de l'Europe par les Etats-Unis, au nom d'une communaut&#233; transatlantique largement &#224; sens unique. Revenons au d&#233;part : en sortira-t-on par des exp&#233;dients qui la masqueront plus qu'ils ne la surmonteront, voire aggraveront la situation de subordination de l'UE et de ses Etats membres ? Ou la crise sera-t-elle &#224; l'inverse l'occasion d'une reprise en main par l'UE et ses membres de leurs propres affaires, les mettant &#224; l'abri de l'exportation des difficult&#233;s ext&#233;rieures, am&#233;ricaines tout particuli&#232;rement ? &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Cette question semble plus sp&#233;cialement concerner l'Europe, plus que les puissances &#233;mergentes notamment, qui ont davantage de marges de man&#339;uvre. Pour l'instant, il semble que l'on se situe plut&#244;t dans la premi&#232;re branche de l'alternative que dans la seconde, mais &#8230; L'UE souffre en effet de plusieurs faiblesses : une faiblesse structurelle, un affaiblissement historique, une faiblesse politique. Un rebond est-il possible, et comment ?&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;Les faiblesses de l'Union europ&#233;enne&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; Elles sont d'abord &lt;i&gt;structurelles&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Loose Confederation&lt;/i&gt; pour les uns, objet juridique et politique non identifi&#233; pour d'autres, la nature de l'UE d&#233;courage l'analyse. La gouvernance en son sein est d'une complexit&#233;, d'une lenteur et d'une ind&#233;cision qui d&#233;concertent jusqu'&#224; ses partisans, et le trait&#233; de Lisbonne n'y a pas apport&#233; grand rem&#232;de. Ce qui importe ici, qui concerne plus les relations ext&#233;rieures de l'UE, c'est qu'elle n'a pas trouv&#233; son mod&#232;le de puissance. Parler de &lt;i&gt;Soft Power&lt;/i&gt;, de puissance douce, baptise la difficult&#233; sans la r&#233;soudre. L'Union est en butte &#224; l'ignorance &#224; son &#233;gard des dirigeants am&#233;ricains, et au m&#233;pris de ses &lt;i&gt;think tanks&lt;/i&gt; &#8211; que l'on songe &#224; Robert Kagan par exemple. Elle est pourtant la plus grande r&#233;ussite, la plus grande innovation intellectuelle et politique du XXe si&#232;cle &#8211; mais le sait-elle elle-m&#234;me ? &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Surtout, elle n'a pu ni universaliser son mod&#232;le, fond&#233; sur le droit, l'int&#233;gration, la d&#233;cision coll&#233;giale, les solutions pacifiques, les compromis, ni entra&#238;ner des ph&#233;nom&#232;nes d'imitation dans d'autres r&#233;gions. Elle repr&#233;sente une r&#233;alisation kantienne dans un monde machiav&#233;lien, ou si l'on veut, schmittien. A la diff&#233;rence des Etats-Unis, qui savent parfaitement distinguer ce qui rel&#232;ve du dedans &#8211; l'Etat de droit, les garanties individuelles, la d&#233;mocratie locale, le r&#244;le des juges &#8211; et ce qui rel&#232;ve du dehors &#8211; la pr&#233;pond&#233;rance partout et toujours des int&#233;r&#234;ts et des solutions am&#233;ricaines, par le droit am&#233;ricain mais aussi par la force arm&#233;e -, l'UE ne pratique pas le dualisme : elle se comporte &#224; l'&#233;gard de l'ext&#233;rieur comme en son sein, et voudrait convaincre de l'excellence de ses solutions. Elle ne suscite alors que d&#233;dain et l'on prend sa sagesse pour de la faiblesse. Elle risque ainsi d'aboutir &#224; la marginalisation par rapport au reste du monde.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'UE conna&#238;t ensuite un &lt;i&gt;affaiblissement historique&lt;/i&gt;, largement du &#224; des &#233;largissements pr&#233;matur&#233;s qui ont affaibli sa coh&#233;sion et modifi&#233; ses objectifs. Une chose est de favoriser l'int&#233;gration d'Etats membres homog&#232;nes, une autre d'int&#233;grer de nouveaux membres qui doivent en quelques ann&#233;es accomplir, en plus d'une double transition &#8211; vers la d&#233;mocratie, vers l'&#233;conomie de march&#233; &#8211; l'assimilation d'un demi-si&#232;cle d'acquis communautaire. Ces nouveaux membres regardent au surplus davantage vers les Etats-Unis que vers l'UE, ce qui ne contribue pas &#224; renforcer sa coh&#233;sion interne ni sa solidarit&#233;. S'ajoute &#224; cela que le dernier progr&#232;s d'envergure, la cr&#233;ation d'une monnaie unique, l'Euro, aboutit &#224; la constitution d'une UE &#224; trois vitesses &#8211; les partenaires de l'Euro, ceux qui ne peuvent pas y adh&#233;rer, ceux qui ne le veulent pas. On mesure la difficult&#233; que peuvent &#233;prouver les Europ&#233;ens eux-m&#234;mes &#224; se sentir membres d'une Union si peu unie. Le d&#233;samour des opinions publiques des Etats membres s'ensuit logiquement. Il aggrave m&#234;me la situation, dans la mesure o&#249; c'est le caract&#232;re d&#233;mocratique de l'Union qui en est &#224; son tour affect&#233;. L'Europe retrouve ainsi ses vieux d&#233;mons, ceux de la division. Pour la premi&#232;re fois depuis son origine, l'hypoth&#232;se de la disparition de l'UE, qui suivrait l'abandon de l'Euro tel qu'il existe, n'est plus totalement inconcevable.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Faiblesses politiques&lt;/i&gt; enfin. Elles tiennent &#224; des &#233;l&#233;ments subjectifs plus qu'objectifs, la division entre Etats membres, surtout entre Etats fondateurs &#8211; et principalement au processus de distanciation dans lequel semble aujourd'hui entr&#233; l'Allemagne. Si l'on se borne &#224; elle &#8211; car la politique britannique du dedans-dehors n'est pas une nouveaut&#233;, et l'on avait appris &#224; vivre avec elle &#8211; cette distanciation repr&#233;sente un p&#233;ril mortel pour l'UE. L'Allemagne a &#233;t&#233; l'un des principaux b&#233;n&#233;ficiaires de la construction europ&#233;enne, qui lui a rendu une l&#233;gitimit&#233; internationale, a encadr&#233; sa reconstruction d&#233;mocratique et sa prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique. Elle en a engrang&#233; les b&#233;n&#233;fices et semble aujourd'hui regarder ailleurs, comme si l'UE &#233;tait pour elle un carcan qu'il lui fallait desserrer pour jouer son destin seule.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Au fond, on peut se demander si l'Allemagne ne se comporte pas aujourd'hui en miroir des Etats-Unis : consid&#233;rer son int&#233;r&#234;t national &#224; court terme et rejeter la solidarit&#233; europ&#233;enne d&#232;s lors qu'elle comporte plus d'inconv&#233;nients que d'avantages imm&#233;diats. Non pas qu'elle se rapproche des Etats-Unis : l'Allemagne est sur beaucoup de plans le pays europ&#233;en le plus &#233;loign&#233; des Etats-Unis, de ses objectifs dominateurs, de ses m&#233;thodes guerri&#232;res, de l'esprit de son &#233;conomie sp&#233;culative et de son capitalisme brutal. La porte de sortie de l'UE, c'est pour elle bien davantage la Russie, avec laquelle elle a nou&#233; un partenariat &#233;troit dans nombre de domaines, voire la Chine, immense march&#233; qui s'ouvre &#224; ses produits et o&#249; elle domine la comp&#233;tition avec ses partenaires europ&#233;ens. C'est exactement l'attitude inverse qu'il conviendrait d'adopter si l'on veut que l'UE sorte de la crise par le haut. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sortir de la crise par le haut&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Une fois de plus &#8211; mais il n'est pas d'alternative &#8211; c'est d'une entente et d'un partenariat franco-allemand que peut venir la solution. Elle se lit en creux dans les faiblesses actuelles. Rappelons-nous que l'UE est n&#233;e de la vision g&#233;niale d'hommes d'Etat, Jean Monnet, Robert Schuman, Conrad Adenauer, Alcido de Gasperi, prolong&#233;e par la sagesse de leurs successeurs, dont les plus r&#233;cents ont &#233;t&#233; Fran&#231;ois Mitterrand et Helmut Kohl. Ils ont &#233;t&#233; des architectes, ils ont fait pr&#233;valoir la solidarit&#233; et le long terme sur la qu&#234;te de petits avantages nationaux imm&#233;diats, &#233;lectoraux ou autres. Aujourd'hui les instances europ&#233;ennes semblent abandonn&#233;es &#224; des bureaucraties sans vision et &#224; des lobbies qui ne promeuvent que des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. Comment s'&#233;tonner que les peuples europ&#233;ens s'en d&#233;tournent ? &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Ces donn&#233;es sont largement subjectives, c'est-&#224;-dire politiques. L'espace politique est pleinement ouvert aux Europ&#233;ens, et avant tout aux Allemands et aux Fran&#231;ais. On demande hommes &#8211; ou femmes &#8211; d'Etat, capables de concevoir et de mettre en &#339;uvre un projet politique pour l'UE, et de mesurer que la crise permet de la renforcer, par rapport &#224; elle-m&#234;me et par rapport aux autres. Il faut pour cela se souvenir que l'Europe est n&#233;e divis&#233;e. Tout ce qui rappelle cette division, la mise &#224; l'index de certains pays, les signes de d&#233;dain de puissances nordiques &#171; raisonnables &#187; &#224; l'&#233;gard des &#171; pays club m&#233;d &#187; par exemple provoque des d&#233;g&#226;ts psychologiques consid&#233;rables qui se paient ensuite politiquement. La prosp&#233;rit&#233; allemande, sa respectabilit&#233; internationale ne pourront sans doute pas perdurer dans une UE affaiblie, et encore moins sans l'UE, qui en est la garante. Il est des m&#233;moires qui ne demandent qu'&#224; se r&#233;activer, au d&#233;triment de tous. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Renforcer l'Union par rapport &#224; elle-m&#234;me, c'est accro&#238;tre sa gouvernance &#233;conomique ; faire accepter des disciplines communes et les moyens de les mettre en &#339;uvre ; am&#233;liorer la gestion commune de l'Euro ; d&#233;velopper des politiques budg&#233;taires, fiscales et sociales plus convergentes, peut-&#234;tre des politiques industrielles ; favoriser la cr&#233;ation de groupes mondiaux europ&#233;ens. C'est aussi r&#233;tablir la cr&#233;dibilit&#233; du projet politique europ&#233;en aupr&#232;s des opinions publiques ; am&#233;liorer la d&#233;mocratie en son sein ; r&#233;duire le r&#244;le des lobbies ; au-del&#224; de Lisbonne, peut-&#234;tre des initiatives franco-allemandes pourraient-elles rassembler autour d'elles un noyau d'Etats ayant une capacit&#233; d'entra&#238;nement pour l'ensemble &#8211; et &#224; d&#233;faut pouvant mettre en &#339;uvre pour eux-m&#234;mes des coop&#233;rations renforc&#233;es. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Renforcer l'Union par rapport aux autres, c'est l&#224; encore convertir la puissance &#233;conomique et commerciale r&#233;elle de l'UE en influence politique ; c'est mesurer que les Etats-Unis sont plus des comp&#233;titeurs sans merci que des partenaires bienveillants &#8211; battue en br&#232;che partout ailleurs, c'est &#224; l'encontre de l'UE que leur h&#233;g&#233;monie tend &#224; s'exercer avec le plus de force ; d&#233;fendre avec plus de vigueur les int&#233;r&#234;ts communs de l'UE face &#224; une ouverture des march&#233;s qui se fait trop souvent &#224; son d&#233;triment ; d&#233;velopper ses propres agences de notation ; se d&#233;fendre r&#233;solument contre la sp&#233;culation internationale ; favoriser l'&#233;mergence d'une monnaie internationale qui ne soit pas une monnaie nationale. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Le 4 mai 2010, le Center for Transatlantic Relations organisait &#224; Washington, avec le SAIS, un s&#233;minaire international sur le th&#232;me &#171; Currency Without a Country : Death Throes or Growing Pains of the Euro ? &#187;. On mesure la satisfaction larv&#233;e de cet intitul&#233;. Pourquoi en Europe ne pas organiser un s&#233;minaire sur le th&#232;me : &#171; Pour une monnaie internationale qui ne soit pas une monnaie nationale &#187;, une monnaie qui ne soit pas notre probl&#232;me mais notre solution ? Tant que se maintiendra en effet le r&#232;gne international du Dollar, l'Europe et le monde resteront tributaires de l'ordre &#8211; et surtout des d&#233;sordres boursiers, financiers, mon&#233;taires am&#233;ricains. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
On &#233;voque parfois des alternatives purement europ&#233;ennes, telles que l'abandon de l'Euro pour reconstruire une nouvelle monnaie commune entre un nombre d'Etats plus restreint et aux &#233;conomies plus convergentes. On accepte m&#234;me l'id&#233;e que cet abandon pourrait provoquer la d&#233;composition de l'UE actuelle, ce qui permettrait de refaire une petite Europe sans la grande, au lieu d'une petite Europe dans la grande, ce qui est la tendance pr&#233;sente. Mais l'id&#233;e europ&#233;enne et les solidarit&#233;s qu'elle implique pourraient-elles survivre &#224; une telle destruction ? Il est permis d'en douter. Les Etats-Unis eux-m&#234;mes ont-ils int&#233;r&#234;t &#224; la disparition de l'Euro ? Probablement pas, compte tenu de l'interd&#233;pendance des &#233;conomies. Il leur suffit qu'il reste subordonn&#233; au Dollar. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
La seule sortie par le haut de la crise actuelle para&#238;t donc le renforcement de la zone Euro dans son p&#233;rim&#232;tre actuel. C'est en toute hypoth&#232;se une condition n&#233;cessaire, si non suffisante. On mesure combien tout ceci peut relever du &lt;i&gt;wishful thinking&lt;/i&gt;, peut-&#234;tre de l'utopie, et combien la question est autant, sinon plus, celle des moyens que des intentions. Mais si l'UE et en son sein ses principaux Etats membres, qui demeurent l'Allemagne et la France, ne s'engagent pas et ne persistent pas dans cette voie, l'Europe a du souci &#224; se faire.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://www.afri-ct.org/IMG/pdf/S-_Sur_-_L_UE_face_a_la_crise_-_8_mai_2010.pdf" length="584594" type="application/pdf" />
		

	</item>dd

<item xml:lang="fr">
		<title>Regard sur le monde (2&#232;me partie)</title>
		<link>http://www.afri-ct.org/Regard-sur-le-monde-2eme-partie,2295</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.afri-ct.org/Regard-sur-le-monde-2eme-partie,2295</guid>
		<dc:date>2010-05-06T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>COLIN Jean-Pierre </dc:creator>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233; internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Gouvernance</dc:subject>

		<description>Lire le d&#233;but Un c&#339;ur politique Si graves qu'ils soient, ces diff&#233;rents &#233;pisodes d'une soci&#233;t&#233; mondialis&#233;e pour le meilleur et pour le pire, pourraient sembler sans v&#233;ritable rapport les uns avec les autres, alors qu'au regard des d&#233;fis auquel le monde est confront&#233;, il n'en est rien : en diss&#233;quant chacun d'entre eux, on d&#233;couvre sans peine sous les replis plus ou moins adipeux des habitudes, un c&#339;ur politique. 1. La crise grecque n'est que l'illustration, non seulement de la faiblesse (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='http://www.afri-ct.org/Regard-sur-le-monde-1ere-partie,2294' class='spip_in'&gt;Lire le d&#233;but&lt;/a&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;Un c&#339;ur politique&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Si graves qu'ils soient, ces diff&#233;rents &#233;pisodes d'une soci&#233;t&#233; mondialis&#233;e pour le meilleur et pour le pire, pourraient sembler sans v&#233;ritable rapport les uns avec les autres, alors qu'au regard des d&#233;fis auquel le monde est confront&#233;, il n'en est rien : en diss&#233;quant chacun d'entre eux, on d&#233;couvre sans peine sous les replis plus ou moins adipeux des habitudes, un c&#339;ur politique.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; 1. La crise grecque n'est que l'illustration, non seulement de la faiblesse politique de l'Europe, mais aussi des malentendus sur lesquelles l'Union est fond&#233;e, sp&#233;cialement en mati&#232;re mon&#233;taire o&#249; elle est d'ailleurs profond&#233;ment divis&#233;e. En ce domaine, en le sait depuis toujours, la seule question est celle de la confiance. Lorsqu'elle est compromise, il faut donc la r&#233;tablir. L'Europe actuelle est forte &#233;loign&#233;e d'un f&#233;d&#233;ralisme qui, quelques soient ses modalit&#233;s, n'est, au mieux, qu'un programme &#224; long terme. Toutefois, toute une s&#233;rie d'institutions et de r&#232;gles s'apparentent &#224; ce que certains ont appel&#233; d&#232;s l'origine, m&#234;me si l'expression tient de l'oxymore, un &#8216;f&#233;d&#233;ralisme partiel'. En mati&#232;re mon&#233;taire, il faut pr&#233;cis&#233;ment f&#233;d&#233;raliser la confiance. Cela ne veut nullement dire qu'on doit sortir du syst&#232;me actuel d'une banque centrale ind&#233;pendante, l'Allemagne ne saurait l'admettre, ayant d&#251; pour sa part son salut &#224; une monnaie lib&#233;r&#233;e des incertitudes de la vie politique. Cela veut dire qu'il est indispensable de mettre en place un m&#233;canisme europ&#233;en de contr&#244;le des comptes publics qui, sans peser &#224; proprement parler sur les politiques budg&#233;taires, soit &#224; m&#234;me de certifier la situation de chaque pays de l'Euroland, tout au long de l'ann&#233;e. L'embryon d'une institution de ce type existe d&#233;j&#224;. Il faut lui donner pleine vie.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 2. La mar&#233;e noire am&#233;ricaine n'est que le sympt&#244;me d'une menace g&#233;n&#233;rale. Les bonnes paroles ont assez dur&#233; et, sans se bercer d'illusions sur une autre vie possible, il convient de contenir l'arbitraire tant des Etats que des multinationales. La survie sur la terre &#233;tant en jeu, on veut croire que la sagesse l'emportera et que sera cr&#233;&#233;e, probablement dans le cadre des Nations Unies, une Autorit&#233; progressivement en mesure de contr&#244;ler toutes les installations et touts les projets susceptibles de porter gravement atteinte &#224; l'environnement. Elle devra &#234;tre dot&#233;e de moyens consid&#233;rables au plan scientifique et technique et jouir d'une totale ind&#233;pendance, garantie par celui qui la dirigera &#8211; qui pourrait &#234;tre d'ailleurs le Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des Nations Unies. Une telle r&#233;forme peut paraitre utopique : &#224; mon avis, sous la pression des &#233;v&#233;nements, elle aura lieu et constituera m&#234;me le projet mondial le plus important du XXI&#232;me si&#232;cle.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
En attendant une gouvernance globale, inimaginable aujourd'hui, qui plus est ambig&#252;e dans son principe, ce sera le seul moyen d'&#233;viter que des initiatives irresponsables ne d&#233;truisent des continents entiers. Le pr&#233;sident Obama vient de d&#233;cider qu'aucun nouveau forage &lt;i&gt;off shore&lt;/i&gt; ne serait entrepris par les Etats-Unis avant que ne soient connues toutes les responsabilit&#233;s dans la catastrophe en cours. Fort bien, mais tout repose encore sur un seul Etat, au sein duquel l'alternance politique, intimement li&#233;e &#224; la d&#233;mocratie, n'en d&#233;cr&#233;dibilise pas moins toutes les promesses.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 3. Une crise majeure du transport a&#233;rien est in&#233;vitable &#224; moyen terme. Si ce mode de transport poursuit son expansion, jug&#233;e n&#233;cessaire par les industries impliqu&#233;es dans ce processus, qui ne voit que, dans un monde surpeupl&#233;, on parviendra un jour &#224; la saturation du ciel dans de nombreuses r&#233;gions &#8211; et elle a d'ailleurs commenc&#233;. Il faut donc reprendre la question, l'&#233;tudier sur le long terme, et faire des choix, mais ce ne sera possible qu'&#224; l'&#233;chelle internationale. Il ne s'agit pas d'en revenir aux diligences, mais de tracer les voies d'une autre approche des d&#233;placements de milliards de personnes.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Une premi&#232;re r&#233;ponse se dessine, il faut acc&#233;l&#233;rer l'&#233;volution dans ce sens. A l'&#233;chelle r&#233;gionale, les lignes ferroviaires &#224; grande vitesse constituent une bonne solution de remplacement. L'Europe occidentale a fait ce choix, la Chine &#233;galement, mais pas vraiment les Etats-Unis. Les TGV se multiplient n&#233;anmoins, les derniers projets en date concernant le Br&#233;sil, Sao Paolo &#8211; Rio, que le Maroc, Tanger &#8211; Casablanca. On devrait ainsi limiter l'essor du transport a&#233;rien &#8211; &#224; une condition toutefois qui n'est pas actuellement toujours remplie, que les tarifs ferroviaires soient attractifs.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Imaginer une politique coordonn&#233;e &#224; l'&#233;chelle mondiale devant un tel d&#233;fi est difficile ; ce sera pourtant n&#233;cessaire. Il conviendra aussi de faire &#233;voluer les mentalit&#233;s et de limiter dans les esprits la passion de la vitesse et du d&#233;placement &#224; tout prix. Il ne s'agira pas pour autant de se livrer &#224; une nouvelle propagande, mais plut&#244;t de lutter, au moins spirituellement, contre la publicit&#233; actuelle qui, en ce domaine comme en bien d'autres, l'automobile en particulier, est quant &#224; elle une v&#233;ritable propagande. La sagesse ne r&#233;gnera jamais sur le monde par un simple appel &#224; la raison, la folie fait partie de la nature humaine, mais il arrive plus souvent qu'on ne pourrait le croire que la n&#233;cessit&#233; fasse loi.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De singuli&#232;res disparit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
L'optimisme est la chose la moins partag&#233;e aujourd'hui mais, plus &#233;tonnant encore, ce sont les soci&#233;t&#233;s d&#233;velopp&#233;es qui versent le plus volontiers dans la d&#233;pression, comme si elles ne pouvaient plus vivre que sur la d&#233;fensive. Quelles que soient les limites de son syst&#232;me actuel, dont l'&#233;volution est tout de m&#234;me notable, la Chine semble bien leur opposer un optimisme foncier, li&#233; sans doute &#224; une propagande qui n'a pas disparu, mais sans doute aussi au rythme extraordinaire des progr&#232;s accomplis en trente ans. Certes ils sont par exemple all&#233;s de pair avec une profonde d&#233;gradation de l'environnement, mais la Chine l'a compris et elle est en train de devenir l'un des champions des industries environnementales.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
De cette attitude dynamique, le Br&#233;sil est aujourd'hui un bon exemple, au moment o&#249; une femme est sur le point d'en devenir le chef de l'Etat, qui l'e&#251;t cru il y a encore 20 ans ? Le pays se caract&#233;rise de plus en plus par une politique &#233;trang&#232;re ind&#233;pendante et sera amen&#233; &#224; jouer un r&#244;le majeur dans le si&#232;cle qui commence.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
A cette image, en opposera peut-&#234;tre celle d'un royaume de Belgique en train de se d&#233;faire sur une question linguistique d&#233;risoire, m&#234;me si la symbolique flamande trouve sa l&#233;gitimit&#233; dans le pass&#233;. Aujourd'hui, sait-on-bien, comme on dit Outre-qui&#233;vrain, que l'arabe est plus parl&#233; &#224; Bruxelles que le flamand, pour ne pas &#233;voquer l'anglais&#8230;Pendant ce temps, le Parlement belge retrouve un court instant son unanimit&#233; pour adopter une loi qui interdit le voile int&#233;gral, et pour faire bonne mesure, le casque int&#233;gral des motocyclistes&#8230;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>dd

<item xml:lang="fr">
		<title>L'influence du p&#233;trole sur les id&#233;ologies : Islamisme, nationalisme et socialisme au Moyen-Orient et au Maghreb</title>
		<link>http://www.afri-ct.org/L-influence-du-petrole-sur-les</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.afri-ct.org/L-influence-du-petrole-sur-les</guid>
		<dc:date>2010-03-19T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>PIRAM Keyvan</dc:creator>


		<dc:subject>P&#233;trole</dc:subject>
		<dc:subject>Islamisme</dc:subject>
		<dc:subject>Proche et Moyen-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Gouvernance</dc:subject>
		<dc:subject>Religion</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie</dc:subject>

		<description>L'exportation du p&#233;trole g&#233;n&#232;re, pour les pays en d&#233;veloppement qui en produisent, des revenus importants qui ne sont pas &#233;quitablement r&#233;partis. Le peuple qui n'en b&#233;n&#233;ficie pas a tendance &#224; rejeter la responsabilit&#233; sur ses dirigeants, per&#231;us comme &#233;tant corrompus, au vu de leurs richesses personnelles, et faibles, lorsqu'ils laissent les puissances &#233;trang&#232;res s'accaparer des ressources naturelles du pays (Cf. article L'influence du p&#233;trole sur l'opinion publique). La mauvaise gouvernance engendre ainsi un (...)

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&lt;a href="http://www.afri-ct.org/+-Proche-et-Moyen-Orient-+" rel="tag"&gt;Proche et Moyen-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.afri-ct.org/+-Gouvernance-+" rel="tag"&gt;Gouvernance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.afri-ct.org/+-Religion-+" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.afri-ct.org/+-Democratie,182-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'exportation du p&#233;trole g&#233;n&#232;re, pour les pays en d&#233;veloppement qui en produisent, des revenus importants qui ne sont pas &#233;quitablement r&#233;partis. Le peuple qui n'en b&#233;n&#233;ficie pas a tendance &#224; rejeter la responsabilit&#233; sur ses dirigeants, per&#231;us comme &#233;tant corrompus, au vu de leurs richesses personnelles, et faibles, lorsqu'ils laissent les puissances &#233;trang&#232;res s'accaparer des ressources naturelles du pays (Cf. article &lt;a href='http://www.afri-ct.org/L-influence-du-petrole-sur-l' class='spip_in'&gt;L'influence du p&#233;trole sur l'opinion publique&lt;/a&gt;). La mauvaise gouvernance engendre ainsi un sentiment d'injustice, portant en lui les germes d'une situation pr&#233;r&#233;volutionnaire. Deux types d'id&#233;ologies se d&#233;veloppent alors : d'une part, des &lt;strong&gt;id&#233;ologies de contestation&lt;/strong&gt;, par lesquelles le peuple exprime son m&#233;contentement ; d'autre part, des &lt;strong&gt;id&#233;ologies de l&#233;gitimation&lt;/strong&gt;, instrumentalis&#233;es par les dirigeants pour canaliser la contestation ou justifier le &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt;. Sans &#234;tre directement &#224; l'origine de ces id&#233;ologies, le partage in&#233;quitable de la rente p&#233;troli&#232;re favorise leur &#233;mergence, en mettant en lumi&#232;re la mauvaise gouvernance de l'Etat par ses dirigeants. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
L'histoire contemporaine du Moyen-Orient et du Maghreb fut ainsi marqu&#233;e par trois id&#233;ologies : l'islamisme, le nationalisme et le socialisme. Chacune servit, &#224; un moment ou &#224; un autre, soit &#224; la contestation, soit &#224; la l&#233;gitimation du pouvoir. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Le &lt;strong&gt;nationalisme p&#233;trolier&lt;/strong&gt; remit en cause la main mise des puissances occidentales sur les ressources naturelles dans l'ensemble des pays de la r&#233;gion &#224; partir des ann&#233;es 1950. Il visa &#224; la r&#233;appropriation de la rente p&#233;troli&#232;re par la nation. D'abord contestataire, il devint rapidement un outil de l&#233;gitimation : en nationalisant leur industrie p&#233;troli&#232;re, les dirigeants s'affirmaient face aux puissances occidentales. L'effet domino fut ind&#233;niable : les dirigeants des Etats voisins ayant nationalis&#233; leur p&#233;trole, refuser de le faire aurait constitu&#233; un aveu de faiblesse. Par ailleurs, de T&#233;h&#233;ran &#224; Alger, les gouvernements ont souvent utilis&#233; le discours nationaliste afin de d&#233;tourner l'opinion des probl&#232;mes int&#233;rieurs. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Le &lt;strong&gt;socialisme&lt;/strong&gt; trouva, dans les Etats rentiers, un terrain qui lui &#233;tait favorable : la rente p&#233;troli&#232;re est consid&#233;r&#233;e comme une richesse collective devant &#234;tre partag&#233;e &#233;quitablement au sein de la population. Ainsi favorise-t-elle la mise en place de programmes sociaux g&#233;n&#233;reux ou d'&#233;conomies planifi&#233;es caract&#233;ris&#233;es par un contr&#244;le &#233;tatique de l'outil industriel. Si l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante fut initialement socialiste, la Libye de Kadhafi l'est toujours. Ces r&#233;gimes sont cens&#233;s l&#233;gitimer l'aptitude des dirigeants &#224; contr&#244;ler la rente p&#233;troli&#232;re, puisqu'ils la distribueraient th&#233;oriquement au sein de la population. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
L'&lt;strong&gt;islamisme&lt;/strong&gt; permet de justifier par le divin le contr&#244;le de la rente p&#233;troli&#232;re par la classe dirigeante. Dans une logique contestataire, la rh&#233;torique religieuse exacerb&#233;e rejette un pouvoir corrompu, soulignant son incapacit&#233; &#224; respecter les prescriptions sacr&#233;es, ainsi que les &#233;trangers infid&#232;les. C'est ainsi que la dynastie saoudienne s'est toujours appuy&#233;e sur l'islamisme wahhabite pour asseoir son pouvoir. Sa contestation prit la forme d'une surench&#232;re religieuse, source du terrorisme djihadiste saoudien. La monarchie corrompue fut donc attaqu&#233;e par l'outil m&#234;me qu'elle utilisait pour fonder sa l&#233;gitimit&#233;. En Alg&#233;rie, la contestation du pouvoir passe &#233;galement par le terrorisme islamiste. Dans le cas de l'Iran, la r&#233;volution de 1979 fut men&#233;e conjointement par les marxistes et les islamistes avant que ces derniers ne s'emparent seuls du pouvoir. Depuis, l'islamisme sert &#224; l&#233;gitimer le maintien du r&#233;gime en lui conf&#233;rant une dimension sacr&#233;e. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Mais l'or noir n'est bien s&#251;r pas la source de ces id&#233;ologies, engendr&#233;es par la seule perception d'une injustice. Nombreux sont les pays qui n'exportent pas le moindre baril de p&#233;trole et o&#249; prosp&#232;rent les th&#232;ses islamistes, nationalistes ou socialistes. La pens&#233;e de Karl Marx et la pi&#233;t&#233; des Fr&#232;res Musulmans &#233;gyptiens n'ont absolument rien &#224; voir avec le p&#233;trole. Le nationalisme est une r&#233;ponse &#224; l'imp&#233;rialisme, et non aux forages des compagnies p&#233;troli&#232;res occidentales. A l'inverse, nombreux sont les pays exportateurs de p&#233;trole o&#249; aucune de ces trois id&#233;ologies n'a &#233;merg&#233;. Cependant, dans bien des cas, la rente p&#233;troli&#232;re agit comme un r&#233;v&#233;lateur car, financi&#232;rement importante et connue du peuple, elle contribue &#224; la prise de conscience d'une injustice. Autrement dit, le peuple &#233;tant au fait de l'existence d'un fabuleux g&#226;teau, s'&#233;tonne de l'iniquit&#233; du partage et r&#233;clame sa part. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>dd

<item xml:lang="fr">
		<title>Petite parabole hell&#233;nique</title>
		<link>http://www.afri-ct.org/Petite-parabole-hellenique</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.afri-ct.org/Petite-parabole-hellenique</guid>
		<dc:date>2010-03-17T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SUR Serge </dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Economie</dc:subject>
		<dc:subject>Lib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Gouvernance</dc:subject>

		<description>Dans une p&#233;riode tr&#232;s recul&#233;e de l'&#232;re minoenne, il fut question d'un labyrinthe, construit par un architecte qui voulait bien faire, D&#233;dale. Las ! Un monstre se logea en son c&#339;ur. Minotaure, tel &#233;tait son nom. Mi-homme, avec l'intelligence et la perversit&#233; qui sont les servantes fid&#232;les de l'esp&#232;ce, &#224; moins qu'elles ne soient ses ma&#238;tresses, mi-taureau, avec les passions et pulsions animales du viril bovid&#233;. Bient&#244;t il exigea de la chair fra&#238;che et il fallut, pour pr&#233;venir son courroux, lui exp&#233;dier (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans une p&#233;riode tr&#232;s recul&#233;e de l'&#232;re minoenne, il fut question d'un labyrinthe, construit par un architecte qui voulait bien faire, D&#233;dale. Las ! Un monstre se logea en son c&#339;ur. Minotaure, tel &#233;tait son nom. Mi-homme, avec l'intelligence et la perversit&#233; qui sont les servantes fid&#232;les de l'esp&#232;ce, &#224; moins qu'elles ne soient ses ma&#238;tresses, mi-taureau, avec les passions et pulsions animales du viril bovid&#233;. Bient&#244;t il exigea de la chair fra&#238;che et il fallut, pour pr&#233;venir son courroux, lui exp&#233;dier annuellement 200 jeunes gens et 200 jeunes filles qu'il d&#233;vorait, &#224; moins que, allez savoir, ces Grecs sont badins et aiment filer la m&#233;taphore. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
La mythologie grecque est toujours porteuse de sens nouveaux. Les banquiers triomphants se sont ainsi vus dot&#233;s de produits d&#233;riv&#233;s, moderne labyrinthe financier, qui leur ont permis de nourrir leur app&#233;tit insatiable de profits sp&#233;culatifs, g&#233;n&#233;reusement aliment&#233;s par la jobardise ou par la sotte et sournoise complicit&#233; d'apporteurs qui se croyaient aussi malins qu'eux. Bient&#244;t leur source fut tarie, mais la gloutonnerie des banquiers n'en fut pas calm&#233;e. Ce sont les contribuables qui devinrent leurs otages et les Etats leurs complices en remboursant leurs dettes par des d&#233;ficits publics. On en est l&#224;. Par un retour de l'histoire qui rejoint la mythologie, ce sont les Grecs modernes qui, pour le compte du Minotaure devenu banquier &#233;l&#233;gant, demandent d&#233;sormais de la chair fra&#238;che pour le calmer &#8211; et le nourrir. Encore un petit sou ! &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Dans un autre chapitre de la mythologie minoenne, pr&#233;lude &#224; la guerre de Troie, mais trait&#233; en bouffe par Offenbach, on invite M&#233;n&#233;las l'infortun&#233; &#224; gagner Cyth&#232;re pour laisser le champ libre &#224; son &#233;pouse, la perfide H&#233;l&#232;ne. Il devra en m&#234;me temps sacrifier deux cents g&#233;nisses blanches &#224; la D&#233;esse &#8211; que le peuple paiera. Ce qu'il fait d'enthousiasme, le peuple, afin d'&#233;viter de plus grands malheurs. Ainsi, non content d'avoir perdu ses &#233;conomies et de devoir indemniser les responsables, le peuple doit reconstituer de ses deniers la couche graisseuse du Minotaure bancaire et a le devoir de s'en sentir soulag&#233;. A force, le banquier ne sera plus Minotaure mais Catobl&#233;pas, autre animal mythologique peu &#233;clair&#233; et si vorace qui se d&#233;vorait lui-m&#234;me &#8230; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Revenons au labyrinthe : Son constructeur D&#233;dale, apprenti sorcier, s'en trouva prisonnier, soit qu'il ait &#233;gar&#233; les plans, soit qu'il n'en ait pas fait. Comment sortir ? Il imagina de le faire par le haut, en se dotant, avec son fils Icare, d'ailes porteuses qui leur permettraient de survoler la difficult&#233;. D&#233;dale s'&#233;chappa, mais Icare chut et se tua, payant la d&#233;mesure et l'irr&#233;flexion de son p&#232;re &#8230; Ainsi les nouvelles g&#233;n&#233;rations se voient condamner par leurs parents &#224; &#234;tre d&#233;bitrices d'un immense fardeau dont elles ne sont pas responsables. Quant &#224; D&#233;dale, il &#233;tait sauv&#233;, mais il avait perdu son fils, c'est-&#224;-dire son avenir. Tous ces &#233;l&#233;ments convergent : une libido destructrice demande de la chair fra&#238;che qui lui est toujours complaisamment fournie au d&#233;triment de ceux qui n'y peuvent mais ou qui ne sont pas encore n&#233;s. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Toujours le labyrinthe : un h&#233;ros, Th&#233;s&#233;e, parvint &#224; tuer le Minotaure. Pour sortir, il suivit le fil que son amante, Ariane, demi-s&#339;ur du monstre, lui avait remis pour accompagner son parcours. A la sortie, en guise de remerciement, il l'abandonna. &lt;i&gt;&#171; Ariane, ma s&#339;ur, de quel amour bless&#233;e / Vous mour&#251;tes aux bords o&#249; vous f&#251;tes laiss&#233;e ! &#187;&lt;/i&gt; L'avenir prolongera t-il la m&#233;taphore ? Attendra-t-on que le Minotaure s'autod&#233;truise en m&#234;me temps que ses victimes ? Les Etats, figures modernes de la cit&#233; antique, se d&#233;cideront-ils &#224; ma&#238;triser le monstre bancaire qu'ils ont laiss&#233; prosp&#233;rer et qui s'est retourn&#233; contre eux ? Lequel ou lesquels sera ou seront les modernes Th&#233;s&#233;e ? Ariane aujourd'hui devrait &#234;tre l'&#233;conomiste, ou les &#233;conomistes qui donneraient la recette, au risque de payer tr&#232;s cher pour leur compte cette rupture d'un pacte familial &#8230; Et si le Minotaure n'est pas entrav&#233;, on peut croiser les m&#233;taphores : gare &#224; la mal&#233;diction des Atrides, gare &#224; la guerre de Troie.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>dd

<item xml:lang="fr">
		<title>L'influence du p&#233;trole sur l'opinion publique et la sc&#232;ne politique iraniennes, de Mossadegh au Mouvement vert</title>
		<link>http://www.afri-ct.org/L-influence-du-petrole-sur-l</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.afri-ct.org/L-influence-du-petrole-sur-l</guid>
		<dc:date>2010-03-15T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>PIRAM Keyvan</dc:creator>


		<dc:subject>P&#233;trole</dc:subject>
		<dc:subject>Proche et Moyen-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Gouvernance</dc:subject>
		<dc:subject>Iran</dc:subject>

		<description>On reproche souvent au p&#233;trole, g&#233;n&#233;ralement &#224; tort, d'&#234;tre &#224; l'origine des maux affectant les pays en d&#233;veloppement qui en exportent : guerre, instabilit&#233;, corruption, sous-d&#233;veloppement&#8230; Certains auteurs parlent ainsi d'une &#171; mal&#233;diction p&#233;troli&#232;re &#187;. Mais si l'or noir est un bouc-&#233;missaire facile, les relations qui le lient &#224; la politique sont complexes, souvent insaisissables. De mani&#232;re simplifi&#233;e, il amplifie fortement des probl&#232;mes qui naissent d'une mauvaise gouvernance. Des perceptions populaires (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On reproche souvent au p&#233;trole, g&#233;n&#233;ralement &#224; tort, d'&#234;tre &#224; l'origine des maux affectant les pays en d&#233;veloppement qui en exportent : guerre, instabilit&#233;, corruption, sous-d&#233;veloppement&#8230; Certains auteurs parlent ainsi d'une &#171; mal&#233;diction p&#233;troli&#232;re &#187;. Mais si l'or noir est un bouc-&#233;missaire facile, les relations qui le lient &#224; la politique sont complexes, souvent insaisissables. De mani&#232;re simplifi&#233;e, il amplifie fortement des probl&#232;mes qui naissent d'une mauvaise gouvernance. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;Des perceptions populaires communes aux pays exportateurs de p&#233;trole&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Une approche originale de cette probl&#233;matique consiste &#224; &#233;tudier l'influence du p&#233;trole sur l'opinion publique d'un pays en d&#233;veloppement exportateur et d'observer comment celle-ci agit ensuite sur la sc&#232;ne politique nationale. Or, la plupart de ces pays sont des Etats rentiers, tirant l'essentiel de leurs ressources budg&#233;taires de l'exportation des hydrocarbures. Ce qualificatif englobe un ensemble disparate d'Etats, tels que l'Arabie Saoudite, le Gabon, l'Iran, la Libye, le Nig&#233;ria ou encore le Venezuela, et bien d'autres&#8230; Aussi diff&#233;rents que soient ces pays, l'existence d'une rente p&#233;troli&#232;re engendre dans l'opinion publique de chacun d'entre eux un ensemble de perceptions communes, qui reposent sur l'id&#233;e d'une spoliation des richesses collectives par le pouvoir ou les &#233;trangers. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Il en r&#233;sulte trois convictions populaires, profond&#233;ment ancr&#233;es dans les esprits et qui sont les suivantes : 1&#176;) &#171; Nous ne devons pas payer pour la consommation d'un p&#233;trole qui nous appartient &#187; ; 2&#176;) &#171; Les puissances &#233;trang&#232;res, notamment occidentales, veulent nous d&#233;pouiller de notre p&#233;trole &#187; ; 3&#176;) &#171; Nos &#233;lites politiques sont corrompues &#187;. Ces trois convictions s'expriment avec plus ou moins de force dans les diff&#233;rents Etats rentiers, selon l'importance des revenus p&#233;troliers, les in&#233;galit&#233;s dans le partage de ceux-ci, l'anciennet&#233; de l'exploitation p&#233;troli&#232;re, les frustrations historiques, la nature du r&#233;gime politique et le niveau de d&#233;veloppement &#233;conomique. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Qu'elles soient fond&#233;es ou non, elles ont des implications directes sur la sc&#232;ne politique des Etats rentiers. En partant de ce raisonnement, nous pouvons lier des &#233;v&#232;nements a priori totalement &#233;trangers les uns aux autres comme les tensions internes nig&#233;rianes, le terrorisme djihadiste saoudien ou l'&#233;lection du pr&#233;sident populiste v&#233;n&#233;zu&#233;lien Chavez. Mais il convient d'&#234;tre prudent : le p&#233;trole n'est pas la cause, il n'est qu'un &#233;l&#233;ment catalyseur alors que les gouvernements ont &#233;t&#233; incapables de favoriser un d&#233;veloppement &#233;quitable et harmonieux de leurs pays.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;Le p&#233;trole au c&#339;ur des revendications populaires iraniennes&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Le cas de l'Iran est symptomatique : les trois convictions pr&#233;c&#233;demment &#233;nonc&#233;es s'y expriment avec force, influen&#231;ant la situation politique ou &#233;conomique du pays. Le soutien populaire &#224; l'action du premier ministre Mossadegh permit &#224; celui-ci de nationaliser en 1951 l'industrie p&#233;troli&#232;re iranienne qui &#233;tait alors contr&#244;l&#233;e par les britanniques. Fort de sa popularit&#233;, il refusa sa r&#233;vocation par le Shah d'Iran, voulue par les occidentaux. Il fut renvers&#233; en 1953 par un coup d'Etat orchestr&#233; par la CIA, r&#233;tablissant ainsi l'autorit&#233; d'un Shah qui fut per&#231;u comme une marionnette faible et corrompue &#224; la solde des occidentaux. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Le Shah souffrit de cette image jusqu'&#224; la r&#233;volution islamique de 1979 qui d&#233;grada significativement les relations du pays avec l'Occident. La population retenait son train de vie dispendieux plut&#244;t que ses efforts pour la r&#233;appropriation et la valorisation par l'Iran de ses richesses p&#233;troli&#232;res, puisqu'il fut un des fondateurs de l'OPEP en 1960 et obtient de Nixon en 1973 que l'ensemble des op&#233;rations p&#233;troli&#232;res du pays soit contr&#244;l&#233; par la NIOC, la compagnie nationale. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Aujourd'hui encore, les dirigeants iraniens sont consid&#233;r&#233;s par la population comme &#233;tant corrompus. Les iraniens n'ont de cesse d'&#233;voquer les fortunes personnelles de certains hommes politiques, tel que Rafsandjani, b&#226;ties sur l'argent du p&#233;trole, alors que le partage &#233;quitable de la rente p&#233;troli&#232;re est devenu un th&#232;me de campagne politique majeur. Ainsi, pour sa premi&#232;re victoire aux &#233;lections pr&#233;sidentielles (2005), Ahmadinejad avait men&#233; une campagne populiste ax&#233;e sur la mise en place de programmes sociaux g&#233;n&#233;reux et avait largement communiqu&#233; sur son train de vie modeste, &#224; la diff&#233;rence d'autres dignitaires du r&#233;gime iranien. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Durant son premier mandat, il mit en place un rationnement sur l'essence qui fut tr&#232;s critiqu&#233; par la population, d&#233;clenchant des &#233;meutes durant lesquelles des stations services furent brul&#233;es. Ce rationnement r&#233;pondait &#224; une n&#233;cessit&#233; budg&#233;taire. Les iraniens refusant de payer cher leurs carburants, l'essence est vendue &#224; un prix subventionn&#233; &#233;quivalent &#224; une dizaine de centimes d'euro le litre. Mais si l'Iran est un exportateur majeur de p&#233;trole brut, le pays ne dispose pas de capacit&#233;s de raffinage suffisantes et doit importer des quantit&#233;s importantes d'essence afin de satisfaire sa demande int&#233;rieure en forte croissance, favoris&#233;e par la faiblesse des prix. Or, cette essence import&#233;e est achet&#233;e par l'Etat &#224; un prix nettement sup&#233;rieur au prix de vente subventionn&#233;. Ceci expose le pays &#224; d'&#233;ventuelles sanctions internationales visant ses importations d'essence afin de le contraindre &#224; arr&#234;ter l'enrichissement d'uranium dans le cadre de son programme nucl&#233;aire contest&#233;. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Certes, Ahmadinejad revalorisa les retraites et mit en place des programmes sociaux mais le pouvoir iranien est toujours aussi corrompu aux yeux de la population. Suite &#224; sa deuxi&#232;me victoire contest&#233;e aux &#233;lections pr&#233;sidentielles (2009), les manifestants de l'opposition dite du Mouvement vert, dont les revendications principales concernent avant tout les libert&#233;s individuelles, scandent toutefois des slogans d&#233;non&#231;ant le d&#233;tournement de la manne p&#233;troli&#232;re au profit des dignitaires du r&#233;gime, des pasdarans et de la milice bassidji.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>dd

<item xml:lang="fr">
		<title>Les fant&#244;mes de la gouvernance</title>
		<link>http://www.afri-ct.org/Les-fantomes-de-la-gouvernance</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.afri-ct.org/Les-fantomes-de-la-gouvernance</guid>
		<dc:date>2010-03-05T15:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SUR Serge </dc:creator>


		<dc:subject>Puissance</dc:subject>
		<dc:subject>Droit international</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233; internationale</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;alisme</dc:subject>
		<dc:subject>Science politique</dc:subject>
		<dc:subject>Souverainet&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Gouvernance</dc:subject>

		<description>Voici quelques ann&#233;es encore, le th&#232;me du d&#233;clin, du d&#233;passement de l'Etat dans les relations internationales &#233;tait dominant &#8211; et particuli&#232;rement en France. On lui substituait volontiers l'&#233;mergence de la soci&#233;t&#233; civile, des organisations non gouvernementales, des ph&#233;nom&#232;nes transnationaux, la demande de gouvernance globale par des instances non &#233;tatiques, bref tout un ensemble de processus qui tendaient &#224; marginaliser les Etats. L'esprit g&#233;n&#233;ral des analyses et contributions qui alimenteront (...)

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&lt;a href="http://www.afri-ct.org/+-Realisme-+" rel="tag"&gt;R&#233;alisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.afri-ct.org/+-Science-politique-+" rel="tag"&gt;Science politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.afri-ct.org/+-Souverainete-+" rel="tag"&gt;Souverainet&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.afri-ct.org/+-Gouvernance-+" rel="tag"&gt;Gouvernance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici quelques ann&#233;es encore, le th&#232;me du d&#233;clin, du d&#233;passement de l'Etat dans les relations internationales &#233;tait dominant &#8211; et particuli&#232;rement en France. On lui substituait volontiers l'&#233;mergence de la soci&#233;t&#233; civile, des organisations non gouvernementales, des ph&#233;nom&#232;nes transnationaux, la demande de gouvernance globale par des instances non &#233;tatiques, bref tout un ensemble de processus qui tendaient &#224; marginaliser les Etats. L'esprit g&#233;n&#233;ral des analyses et contributions qui alimenteront r&#233;guli&#232;rement ce blog souffle &#224; contre courant de ces conceptions. Elles sont au demeurant en d&#233;clin, mais s'il est une originalit&#233; des auteurs, c'est de ne les avoir jamais prises au s&#233;rieux. Ils ont toujours consid&#233;r&#233; le r&#244;le des Etats dans les relations internationales comme central, et stato-centriste n'est pas pour eux un gros mot.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Les Etats ne sont certes pas &#224; l'origine de tous les probl&#232;mes que conna&#238;t la soci&#233;t&#233; internationale, mais eux seuls sont en mesure de les g&#233;rer et de leur apporter des solutions de fa&#231;on concert&#233;e. Consid&#233;rons par exemple le d&#233;veloppement, l'environnement, la crise &#233;conomique et financi&#232;re, les conflits religieux ou ethniques, la lutte contre le terrorisme ou la prolif&#233;ration des armes nucl&#233;aires. La d&#233;monstration est faite par a contrario que le manque d'emprise des Etats sur ces probl&#232;mes, leur incapacit&#233; de les r&#233;gler, conduisent &#224; les laisser pourrir ou se d&#233;grader, sans que puissent se dessiner des solutions alternatives. En outre, la d&#233;faillance des Etats, leur destruction sont toujours productrices de crises internationales. L'Etat, les Etats, leurs politiques, leurs carences, leur permanence et leurs mutations seront donc au centre de ce blog.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
La raison en est qu'ils canalisent la puissance, qu'ils la rationalisent et que seuls ils peuvent d&#233;finir et mettre en &#339;uvre les r&#233;gulations qui l'organisent. Cela ne signifie pas qu'ils soient tout puissants, mais seuls ils peuvent la synth&#233;tiser et la canaliser de fa&#231;on op&#233;ratoire. Certes, les relations internationales sont plut&#244;t caract&#233;ris&#233;es par les limites de la puissance, puisque l'on doit observer un d&#233;ficit g&#233;n&#233;ral de puissance appliqu&#233;e aux probl&#232;mes internationaux. En d'autres termes, la puissance demeure le principe organisateur des relations internationales, et le d&#233;ficit de puissance est leur principe d&#233;sorganisateur &#8211; d'o&#249; les d&#233;sordres, tant locaux que globaux, qui affectent ces relations &#224; l'heure actuelle. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
A ce propos, il ne faut pas confondre la puissance avec la force et la violence. La force est un &#233;chec de la puissance, et plus encore la violence. La puissance efficace agit de fa&#231;on invisible, elle est une sorte de moteur immobile. Elle est une capacit&#233;, capacit&#233; de faire, de faire faire, d'emp&#234;cher de faire et de refuser de faire. Elle comporte des &#233;l&#233;ments diff&#233;rents, certains mat&#233;riels, d'autres immat&#233;riels &#8211; mais l'essentiel est leur combinaison et la mani&#232;re de les utiliser. En bref, les &#233;l&#233;ments qui la conditionnent, historiquement variables et toujours en mouvement, font la puissance, mais ils ne sont pas la puissance.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Quant &#224; la soci&#233;t&#233; internationale, elle est encore un concept davantage qu'une r&#233;alit&#233; sensible. Elle est un chantier perp&#233;tuel, dans lequel coexistent les Etats, leurs int&#233;r&#234;ts et perceptions, leurs projets organisateurs, mais aussi les institutions internationales et les forces transnationales. Chacune de ces composantes ob&#233;it &#224; sa logique propre, int&#233;r&#234;ts, conceptions, cultures. Les calculs rationnels se m&#234;lent aux frustrations, aux &#233;motions, aux aspirations, les r&#233;manences historiques aux ambitions ou craintes pour l'avenir, les contraintes g&#233;ographiques, d&#233;mographiques, &#233;conomiques aux principes politiques et juridiques. Dans ce contexte, la gouvernance n'est qu'un mot, au mieux une aspiration, au pire une illusion. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Leur point de rencontre, leur lieu g&#233;om&#233;trique en quelque sorte est que chaque acteur aspire &#224; l'&#233;galit&#233; avec les autres - &#233;galit&#233; mais non identit&#233;. Ce qui n'emp&#234;che pas que les entreprises de domination d'un Etat ou d'un groupe d'Etats sur les autres soient r&#233;currentes. Mais elles suscitent des r&#233;sistances qui conduisent plus ou moins rapidement &#224; les d&#233;sagr&#233;ger. Les derni&#232;res d&#233;cennies de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine et ses vicissitudes en sont une claire illustration. Dans ce chantier, pas de grand architecte, pas de vision unique. Tumultes, d&#233;sordres apparents, contradictions, convulsions et r&#233;volutions sont le pain quotidien des relations internationales. L'analyse peut cependant d&#233;gager constantes et lignes de force, la volont&#233; politique s'exercer de fa&#231;on positive, d&#232;s lors que la puissance rejoint la lucidit&#233;, le raisonnement la raison, la vision la sagesse. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Pour cela, il est n&#233;cessaire de bien mesurer la puissance relative des acteurs, de comprendre les perceptions d'autrui, et de toujours laisser aux autres une place ad&#233;quate. Les exemples de l'&#233;chec de la force arm&#233;es sont trop multiples et r&#233;p&#233;t&#233;s pour ne pas signifier que le ressort du succ&#232;s sur le plan international est de savoir convaincre plut&#244;t que pr&#233;tendre contraindre. Pour cela il convient de privil&#233;gier le long terme sur le court terme. C'est ainsi que la construction europ&#233;enne est le principal succ&#232;s des relations internationales depuis la deuxi&#232;me guerre mondiale. La comparaison de l'Europe entre 1870 et 1945 d'un c&#244;t&#233; et entre 1945 et 2010 de l'autre se passe de commentaires.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>dd

<item xml:lang="fr">
		<title>La gouvernance &#233;conomique en crise </title>
		<link>http://www.afri-ct.org/La-gouvernance-economique-en-crise</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.afri-ct.org/La-gouvernance-economique-en-crise</guid>
		<dc:date>2010-02-03T13:33:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>LIRZIN Franck</dc:creator>


		<dc:subject>Economie internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Gouvernance</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La crise financi&#232;re de 2008, typique de la finance moderne internationalis&#233;e et interd&#233;pendante, trouve son origine dans la d&#233;r&#233;gulation &#233;conomique &#224; l'&#339;uvre depuis les ann&#233;es 1970. Les institutions internationales et les syst&#232;mes de r&#233;gulation se sont vite retrouv&#233;s d&#233;munis et d&#233;pass&#233;s par l'ampleur de la crise. Au final, ce sont donc les Etats et les Banques centrales qui ont d&#251; intervenir pour restaurer la confiance et g&#233;rer la crise par la d&#233;finition dans l'urgence, mais en concertation, de r&#233;ponses de court et long termes. Une nouvelle gouvernance &#233;conomique est en train de se mettre en place sous nos yeux, qui accorde une place renouvel&#233;e et beaucoup plus large aux institutions publiques. Cependant, si la r&#233;gulation a failli, ce n'est pas par manque mais bien plut&#244;t par exc&#232;s de rigidit&#233;. Des &#233;preuves de la crise va na&#238;tre le nouveau syst&#232;me financier du XXIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.afri-ct.org/-Economie-politique-internationale-" rel="directory"&gt;&#201;conomie politique internationale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.afri-ct.org/+-Economie-internationale-+" rel="tag"&gt;Economie internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.afri-ct.org/+-Gouvernance-+" rel="tag"&gt;Gouvernance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise financi&#232;re de 2008, typique de la finance moderne internationalis&#233;e et interd&#233;pendante, trouve son origine dans la d&#233;r&#233;gulation &#233;conomique &#224; l'&#339;uvre depuis les ann&#233;es 1970. Les institutions internationales et les syst&#232;mes de r&#233;gulation se sont vite retrouv&#233;s d&#233;munis et d&#233;pass&#233;s par l'ampleur de la crise. Au final, ce sont donc les Etats et les Banques centrales qui ont d&#251; intervenir pour restaurer la confiance et g&#233;rer la crise par la d&#233;finition dans l'urgence, mais en concertation, de r&#233;ponses de court et long termes. Une nouvelle gouvernance &#233;conomique est en train de se mettre en place sous nos yeux, qui accorde une place renouvel&#233;e et beaucoup plus large aux institutions publiques. Cependant, si la r&#233;gulation a failli, ce n'est pas par manque mais bien plut&#244;t par exc&#232;s de rigidit&#233;. Des &#233;preuves de la crise va na&#238;tre le nouveau syst&#232;me financier du XXIe si&#232;cle.
&lt;br&gt;
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&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.afri-ct.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='http://www.afri-ct.org/AFRI-volume-X-2009' class='spip_in'&gt;Le sommaire de l'AFRI 2009&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<enclosure url="http://www.afri-ct.org/IMG/pdf/Article_Lirzin.pdf" length="262676" type="application/pdf" />
		

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<item xml:lang="fr">
		<title>Crise mondiale et r&#233;gulation </title>
		<link>http://www.afri-ct.org/Crise-mondiale-et-regulation</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.afri-ct.org/Crise-mondiale-et-regulation</guid>
		<dc:date>2010-02-03T13:30:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>FEUER Guy , HOUTONDJI David-Christian, MOULAYE Batina</dc:creator>


		<dc:subject>Economie internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Lib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Gouvernance</dc:subject>
		<dc:subject>Ethique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Partie des Etats-Unis, la crise actuelle s'est &#233;tendue &#224; la quasi-totalit&#233; de la plan&#232;te et se pr&#233;sente de plus en plus comme une crise polymorphe, d&#233;passant la sph&#232;re financi&#232;re pour atteindre l'&#233;conomie r&#233;elle. Parmi les causes nombreuses et diverses qui permettent de l'expliquer, on trouve de graves d&#233;ficiences dans le domaine de la r&#233;gulation. Le terme &#171; r&#233;gulation &#187;, entendu ici dans son sens le plus large, vise d'abord l'ensemble de r&#232;gles techniques et juridiques dont l'absence ou l'inobservation ont permis les comportements aberrants qui ont entra&#238;n&#233; la crise. Ces d&#233;ficiences sont dues en grande partie &#224; la mise en pratique de l'id&#233;ologie n&#233;o-lib&#233;rale. Malheureusement, cette id&#233;ologie a aussi favoris&#233; le jeu de tendances profondes inscrites dans la nature humaine. On ne peut aussi que d&#233;plorer la m&#233;connaissance des lois psychologiques et des normes &#233;thiques, sans le respect desquelles ne sont possibles ni la stabilit&#233; ni le progr&#232;s des soci&#233;t&#233;s, &#224; l'&#233;chelon national comme au niveau international. Devenue mondiale, la crise appelle la mise sur pied d'une gouvernance mondiale.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.afri-ct.org/+-Gouvernance-+" rel="tag"&gt;Gouvernance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.afri-ct.org/+-Ethique-+" rel="tag"&gt;Ethique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Partie des Etats-Unis, la crise actuelle s'est &#233;tendue &#224; la quasi-totalit&#233; de la plan&#232;te et se pr&#233;sente de plus en plus comme une crise polymorphe, d&#233;passant la sph&#232;re financi&#232;re pour atteindre l'&#233;conomie r&#233;elle. Parmi les causes nombreuses et diverses qui permettent de l'expliquer, on trouve de graves d&#233;ficiences dans le domaine de la r&#233;gulation. Le terme &#171; r&#233;gulation &#187;, entendu ici dans son sens le plus large, vise d'abord l'ensemble de r&#232;gles techniques et juridiques dont l'absence ou l'inobservation ont permis les comportements aberrants qui ont entra&#238;n&#233; la crise. Ces d&#233;ficiences sont dues en grande partie &#224; la mise en pratique de l'id&#233;ologie n&#233;o-lib&#233;rale. Malheureusement, cette id&#233;ologie a aussi favoris&#233; le jeu de tendances profondes inscrites dans la nature humaine. On ne peut aussi que d&#233;plorer la m&#233;connaissance des lois psychologiques et des normes &#233;thiques, sans le respect desquelles ne sont possibles ni la stabilit&#233; ni le progr&#232;s des soci&#233;t&#233;s, &#224; l'&#233;chelon national comme au niveau international. Devenue mondiale, la crise appelle la mise sur pied d'une gouvernance mondiale.
&lt;br&gt;
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&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.afri-ct.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='http://www.afri-ct.org/AFRI-volume-X-2009' class='spip_in'&gt;Le sommaire de l'AFRI 2009&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
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