Résumé
Plus encore en France que dans les autres pays, la relation entre démocratie et politique extérieure fait l’objet d’un débat récurrent. Cela tient en grande partie à la structure du pouvoir sous la Ve République, qui confère à l’exécutif une influence déterminante sur les grandes orientations de politique étrangère au détriment du Parlement. Globalement, cette relation renvoie à un débat opposant traditionnellement deux courants importants de la science politique et des relations (...)
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Les relations entre force et diplomatie sont apparues, à l’occasion de la guerre du Kosovo. Au moins cinq problèmes ont surgi, au cours de l’opération, qui méritent une analyse approfondie :
· celui, tout d’abord, de l’objectif du recours à la force dans de telles circonstances ; s’agissait-il de modifier l’attitude et la politique de Milosevic, ou de soustraire la situation sur le terrain à son contrôle, d’une opération coercitive, ou humanitaire ?
· (...)
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Jusqu’à son unité territoriale et politique recouvrée en 1990, l’Allemagne fédérale développe une diplomatie en tirant les leçons d’un héritage traumatisant, provoqué par une politique de puissance. Quarante années durant, cette diplomatie se veut modeste et solidaire des choix de ses alliés occidentaux. Pour se montrer, à la fois, irréprochable à l’égard du grand frère américain qui assure sa sécurité, loyale envers les partenaires européens qui lui garantissent une légitimité (...)
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Depuis 1945, la diplomatie japonaise s’est déployée selon trois axes : celui de la coopération bilatérale (comme avec l’alliance nippo-américaine), celui de la coopération régionale (comme avec l’APEC) et celui de la coopération inter-régionale (avec une organisation comme l’ASEM). Il est à présent nécessaire que le Japon contribue positivement à la formation d’un nouvel ordre international. C’est à travers une telle ambition que le Japon trouvera sans doute la voie de son (...)
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Dans son article célèbre consacré aux « invariants » de la politique extérieure de la France, Jean-Baptiste Duroselle rappelait, à juste titre, que l’invocation de l’Universel dans la pratique diplomatique française ne constituait pas seulement un discours, mais traduisait également une conviction partagée par tous les hommes politiques, lesquels agissent comme les porte-paroles d’une nation convaincue de sa singularité. Il serait sans doute possible d’ajouter que les gouvernants (...)
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Quand on observe l’action extérieure menée par le président Jacques Chirac depuis son élection à la magistrature suprême, on peut remarquer des éléments de continuité par rapport à la voie tracée par le général de Gaulle, ainsi que des évolutions, induites par la fin de la Guerre froide. Force est de constater que, si Jacques Chirac a réaffirmé le sacro-saint principe d’« indépendance nationale », il a dû également tirer les conséquences de l’avènement d’un monde unipolaire en maintenant l’influence de la France par le truchement du respect du droit international et de l’ONU.
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Parfois comparé à une religion laïque, le cricket suscite la passion des foules indiennes et pakistanaises. Introduit dans le sous-continent au cours de la période coloniale, ce sport s’est progressivement indianisé et a participé à la formation des identités confessionnelles régionales puis à celle des identités nationale indienne et pakistanaise. En se nationalisant, le cricket est devenu un élément central de la rivalité indo-pakistanaise, à travers lequel les populations du (...)
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Le fil d’Ariane de ce rapport reposera sur une idée-clé qui constitue l’originalité de la conception et du discours français sur l’intégration européenne. Cette idée directrice très simple est la suivante : la France milite depuis la naissance de la Ve République en 1958 pour une « EUROPEPUISSANCE », acteur autonome et à part entière du système international. Sa diplomatie et sa stratégie s’ordonnent - et c’est vrai pour les cinq présidents, de De Gaulle à Chirac - autour de cet (...)
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Le présent texte comportera quatre séries de remarques, organisées autour des points suivants : les sentiments nourris par les Britanniques à l’égard de la France ; les contacts entre les deux pays ; les domaines de coopération politique ; les principaux problèmes subsistants.
Le sommaire de l’AFRI 2000
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Il est admis par les Français et les étrangers que la politique étrangère de la France contemporaine a commencé à proprement parler avec le président de Gaulle, qui a coupé avec le passé de la France, « homme malade » de l’Europe entre 1946 et 1958, et qui l’a placée sur le chemin de la stabilité et de l’espoir. Le schéma gaullien a certes constitué le cadre général du mouvement de la France dans toutes les directions. Il va sans dire que les idées gaulliennes sur la souveraineté (...)
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Tour à tour louée et stigmatisée, la cohabitation a tenu une place importante dans le fonctionnement des institutions de la Ve République et dans la conduite de la diplomatie et de la défense de la France. Elle mérite, à ce titre, une évaluation, dépassionnée et distante, de toute échéance électorale. Des considérations que les hommes politiques ont portées sur elle au cours des mois précédant les élections d’avril-juin 2002, il ressort une image des plus négatives. En politique (...)
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Concept popularisé par Brian Hocking, la diplomatie de catalyse se définit comme une association d’acteurs pluriels (essentiellement États et représentants de la société civile) tissant entre eux des relations flexibles autour d’objectifs précis ; elle reflète cette tendance à l’émergence d’un rôle de plus en plus saillant joué par les ONG sur la scène mondiale, ce que Mario Bettati a qualifié de nouvel aiguillon de la diplomatie internationale. Bien que contestée par certains États, (...)
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L’article présente une analyse du rôle de la politique étrangère en politique intérieure. Le Président Bush a su instrumentaliser à son profit le sentiment national et la lutte internationale contre le terrorisme. Il a par ailleurs constitué une équipe extrêmement soudée et fortement idéologisée pratiquant un « wilsonisme » très ferme sur la scène internationale. Dans ce cadre, l’opposition démocrate, pourtant fortement critique, comme en témoigne la montée inattendue d’Howard Dean, (...)
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Résumé La « diplomatie de défense » constitue depuis quelques années un outil privilégié par lequel défense et diplomatie se conjuguent afin de contribuer à la prévention des conflits ou à la gestion des crises. Cette expression forgée outre-Manche recouvre nombre d’activités assez traditionnelles. Le fait le plus novateur réside en fait dans une approche de plus en plus multilatérale et un affranchissement croissant des pesanteurs historiques. Alors que la « diplomatie de défense » conserve (...)
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L’idée même de diplomatie des droits de l’homme, avec toute ses ambiguïtés et ses contradictions, est une notion récente, fortement marquée par l’expérience de l’administration du président Jimmy Carter aux États-Unis, puis par la présidence de François Mitterrand en France.
Pourtant, dès 1945, la Charte des Nations Unies avait fait du « respect universel et effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous », un des principes et buts des Nations Unies, ainsi (...)
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La politique et la diplomatie françaises du désarmement sous la Ve République sont marquées par la continuité, la rationalité et la flexibilité. Elles reposent sur un cadre conceptuel original et des principes qui lui donnent une grande cohérence, malgré l’équation personnelle différente des cinq Présidents qui ont assumé le destin de la France depuis 1958. Le discours français s’est adapté assez facilement aux mutations de l’ordre international stratégique après la chute du Mur de (...)
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Que ce soit avant l’intervention anglo-américaine en Iraq ou lors du débat sur la reconstruction de cet Etat, le couple franco-allemand a su s’affirmer comme un acteur crédible sur la scène internationale. La France et l’Allemagne ont toujours exprimé la volonté de conserver un rôle central à l’ONU. Cette position constituait pour les deux Etats la seule voie susceptible de garantir le respect du droit international, de conférer la légitimité indispensable à toute intervention, mais (...)
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L’emploi du terme de « guerre » par l’Administration américaine pour désigner la lutte contre le terrorisme mondial est-il fondé, alors qu’il s’agit d’un combat multiforme, à long terme, de caractère policier, judiciaire, diplomatique autant que militaire, et qui ne saurait s’achever par un bulletin de victoire précis ? Plusieurs problèmes en découlent. Faut-il considérer les adversaires comme des guerriers ou des criminels ? Les captifs comme des prisonniers de guerre ou des (...)
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Les analyses de la politique africaine de la France tendent à mettre l’accent sur le bilatéralisme. Dans le contexte actuel de mondialisation, cette situation paraît à certains égards désuète. Les politiques français en ont pris conscience en développant des relations avec de nouveaux partenaires en Afrique, soit des Etats non francophones, soit les organisations régionales. Ce développement s’inscrit aussi dans le cadre de différentes institutions internationales (formelles ou (...)
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Malgré la faible marge de manoeuvre offerte par la Constitution française au Parlement en matière de diplomatie, les deux assemblées ont su non seulement élargir leurs compétences primaires, mais également développer une action internationale extra législative, notamment en matière communautaire. On assiste bien à une « appropriation parlementaire » progressive de la diplomatie déterminée par l’exécutif, faisant des élus une sorte de relais et de démultiplicateur d’influence.
Le (...)
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L’histoire et la culture permettent à elles deux de mieux comprendre la manière de négocier des Français. Au cœur de la culture française, se trouve la « déesse de la raison ». Quant à l’histoire, elle met en évidence une dialectique : d’un côté, il y a le thème de « la grande nation », fondé sur la tradition de puissance et de longévité inhérente à l’État français ; l’autre facette de cette dialectique est la culture de l’ « underdog », qui, revers de la médaille de « la grande (...)
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Le choc des événements de septembre 2001 ne crée pas un nouveau monde, mais il nous suggère d’autres grilles d’interprétation. Le monde des conflits s’éloigne de plus en plus de celui que nous avons appris à gérer depuis deux siècles : d’où nos interrogations sur nos propres stratégies de sécurité, définies pour des hypothèses enfuies. La puissance américaine domine le monde, mais il n’est pas sûr qu’elle veuille ou puisse le gérer. Le multilatéralisme est en crise alors qu’il n’a (...)
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