Dien Bien Phu ou les leçons amères de la stratégie

La bataille de Dien Bien Phu s’est achevée le 8 mai 1954 par la défaite des armes françaises. Ce combat épique (13 mars-8 mai 1954) est un des grands happenings psychologiques dont raffolent les Français. Il a façonné les esprits d’une génération de militaires qui s’attachèrent à transposer en Algérie les « acquis » de la guerre d’Indochine. Cet affrontement – voulu par les Français – est le fruit d’un continuum politico-stratégicotactique dont les leçons potentielles retentissent encore jusqu’à nous. La décision de combattre à Dien Bien Phu fut un choix tactique plausible ab initio, qui s’appuyait sur un écheveau complexe de relations nationales et internationales imbriquées auquel tout le monde participa et de contradictions qui se révélèrent au final insurmontables. La situation tactique, stratégique, politique et diplomatique de début 1954 avait radicalement changé ; personne, pas plus politiques que militaires, n’en tint compte. Dien Bien Phu fut également une leçon de stratégie fondamentale appliquée… par le Vietminh.