Introduction – PRESIDENCE FRANCAISE DE L’UNION EUROPEENNE

La présidence française de l’Union européenne (PFUE), au second semestre de l’année 2008, aura marqué un temps fort tant pour la construction européenne que pour la diplomatie du président Nicolas Sarkozy. Annoncée comme s’inscrivant dans la continuité des présidences antérieures – notamment celle de l’Allemagne l’année précédente –, présentée comme une présidence de consensus, voire une présidence « modeste » malgré l’affichage de priorités fortes et de grandes ambitions, la PFUE aura en fait été marquée par les crises internationales qui l’ont scandée : rejet du Traité de Lisbonne par l’Irlande en juin, guerre russo-géorgienne en août, crise financière à l’automne, pour ne citer que les principales d’entre elles. Loin de rendre obsolètes les priorités et le programme de travail de la PFUE, ces événements leur ont donné une actualité forte. Ils ont aussi, grâce à un incontestable et parfois ébouriffant activisme sarkozyen, permis de projeter l’image – bien rare – d’une réelle efficacité et d’une non moins réelle pertinence européennes. Reste pourtant que ces mêmes crises posent aussi, en creux, les questions fondamentales qui continuent d’interroger l’avenir de l’Union, s’agissant notamment de sa gouvernance interne ou de sa place dans la mondialisation.

Les textes qui suivent sont l’aboutissement d’un colloque organisé à la Sorbonne le 8 décembre dernier par les Universités Panthéon-Assas (Paris II) – Centre Thucydide et Centre de Droit européen – et Sorbonne Nouvelle (Paris III) – Centre de recherche ICEE/Etudes européennes – et consacré à « La Présidence française de l’Union européenne : bilan et perspectives ». Alain Laquièze (Paris III) s’interroge sur l’avenir institutionnel de l’Union sur fond de « non » irlandais. Jolyon Howorth (Université de Yale) évalue les avancées de la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) sous la présidence française. Catherine Withol de Wenden (CERI – Sciences-Po) s’interroge sur la portée du Pacte européen sur l’immigration et l’asile. Attila Soos (Institut des sciences économiques, Académie hongroise des sciences) pose la question du modèle économique européen dans la mondialisation. Claude Blumann (Paris II) examine les perspectives de la politique agricole et plus largement des politiques communes et de leur financement. Enfin, Dorothée Schmid (Institut français des relations internationales) examine les perspectives de l’Union pour la Méditerranée lancée en juillet 2008.