L’efficacité politique de la coercition économique exercée par l’Union européenne dans les relations internationales

Résumé À l’évidence, l’Union européenne constitue un acteur international composite. Avant tout, du fait d’une structuration institutionnelle combinant méthode communautaire et processus intergouvernemental. Cette particularité est connotée par la métaphore didactique du temple grec aux trois piliers chapeautés par un fronton. Le fronton figure le cadre institutionnel unique tandis que les piliers renvoient aux différences de procédures applicables selon les matières traitées. Ceci a pour résultat de faire intervenir à des titres différents les mêmes institutions dans les divers secteurs des relations extérieures de l’Union européenne. Ainsi les relations économiques extérieures participent-elles globalement du premier pilier, regroupant les matières régies selon les procédures et mécanismes communautaires, tandis que la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), d’essence intergouvernementale, forme le deuxième pilier du temple. Décidées dans le cadre de la PESC pour être appliquées au sein du premier pilier, les sanctions économiques communautaires illustrent quant à elles une « passerelle » entre les deux piliers. Ce lien entre l’intégration communautaire et un processus intergouvernemental parallèle, destiné à exercer une pression sur un État tiers, n’est pas tout à fait neuf. Il avait déjà été ébauché du temps de la Coopération politique européenne (CPE) à laquelle succéda la PESC lors de l’entrée en vigueur du traité sur l’Union européenne (TUE). L’objet de cette contribution est d’évaluer l’efficacité des sanctions économiques communautaires en tant que moyen de pression diplomatique, après avoir brièvement rappelé l’évolution et le contenu de cette pratique coercitive. – Le sommaire de l’AFRI 2000