La Convention de Montreux, facteur de stabilité en mer Noire

Depuis que la Russie a annexé la Crimée en 2014, les pays occidentaux en sont venus à penser que la mer Noire était vouée à être bientôt un lac russe et à devenir ainsi une zone vulnérable, voire une source potentielle d’instabilité. C’est pourquoi juste avant le sommet de l’OTAN à Varsovie, en 2016, plusieurs idées ont été avancées pour renforcer la défense collective de l’Alliance atlantique en mer Noire au regard de la modernisation et de la puissance nouvellement acquises par la flotte russe qui y est basée. Cet article analysera si l’une de ces propositions a une chance d’être mise en œuvre dans les conditions géopolitiques et géo-économiques actuelles. Bien entendu, pour parvenir à une évaluation correcte, il est nécessaire d’aborder les principaux intérêts qu’ont actuellement l’Occident et la Russie en mer Noire, ainsi que les obstacles les plus susceptibles d’empêcher la mise en œuvre de ces nouvelles propositions. Il est de même nécessaire d’analyser les raisons qui font qu’Ankara continue comme par le passé de se fonder sur la Convention de Montreux en vue d’assurer la stabilité et la sécurité dans la région de la mer Noire dans un contexte de tensions géopolitiques entre l’Occident et la Russie.