La guerre contre le terrorisme, le piège des mots

Résumé L’emploi du terme de « guerre » par l’Administration américaine pour désigner la lutte contre le terrorisme mondial est-il fondé, alors qu’il s’agit d’un combat multiforme, à long terme, de caractère policier, judiciaire, diplomatique autant que militaire, et qui ne saurait s’achever par un bulletin de victoire précis ? Plusieurs problèmes en découlent. Faut-il considérer les adversaires comme des guerriers ou des criminels ? Les captifs comme des prisonniers de guerre ou des combattants illégaux ? S’agit-il d’une catégorie particulière de « guerre juste »? Une guerre préventive peutelle être justifiée ? Dans ce contexte, la guerre envisagée contre l’Iraq ne risque t-elle pas d’être « une guerre de trop »? Comment peut-on gagner la paix? Il importe de maintenir la proportionnalité de la violence armée si l’on ne veut pas approfondir les divisions transatlantiques et la polarisation du monde arabe et islamique en faveur du terrorisme et de ses appuis. –Le sommaire de l’AFRI 2003