La protection des infrastructures critiques, l’enjeu stratégique du XXIe siècle

La protection des infrastructures critiques ne date pas du 12 septembre 2001. Dans les périodes de guerre ou de risque de guerre, cette question s’inscrivait dans la logique de la défense du territoire et, plus largement, de la défense civile. Il s’agissait alors de protéger les installations dites «sensibles» des risques de sabotage ou de destruction de la part de commandos spécialisés (les spetnatz soviétiques, commandos infiltrés, par exemple) ou de «cinquièmes colonnes» (membres de la population supposés ralliés à la partie adverse). Cette protection était assurée dans la plupart des pays à système de conscription par les forces armées, car la «main-d’œuvre» était abondante. En France, cette protection était assurée dans le cadre de la Défense opérationnelle du territoire (DOT). Des plans étaient prévus en période de montée de tension pour qu’une surveillance, le plus souvent statique, soit assurée par les armées. Ainsi, ouvrages d’arts, infrastructures de transports, établissements énergétiques (centrales, lignes à hautes tensions, dépôts de gaz ou de carburant), ministères, centraux téléphoniques, etc. étaient gardés par les troupes de réserves appuyées par des éléments professionnels de police et surtout de gendarmerie.