Comment comprendre l’échec de la politique climatique européenne à Copenhague ?

Cet article revient à la fois sur les succès européens des quinze dernières années et sur l’échec de Copenhague. Ce Sommet a en effet marqué les limites d’une approche de leadership normatif et institutionnel pour l’Europe. Alors que la part des émissions européennes dans les émissions globales est en baisse rapide – du fait de la hausse des émissions dans les grands pays émergents et même en Amérique du Nord – et que la prochaine étape pour un accord global requiert l’imputation des coûts et de véritables arbitrages, il devient nécessaire d’entrer dans de larges négociations stratégiques avec les acteurs-clefs, notamment les Etats-Unis et la Chine. Or, si l’UE a montré qu’elle était capable de développer un cercle vertueux de mesures de régulation pro-environnementale sur son territoire, le manque d’intégration de sa politique étrangère l’empêche d’ouvrir de véritables négociations multi- domaines avec les Etats-Unis, la Chine ou d’autres pays importants. A l’heure des négociations stratégiques globales, la méthode normative européenne n’offre pas les moyens d’une action plus stratégique avec les Etats-clefs.