L’Agence France Presse : un vecteur reconnu des relations internationales de la France. Mais un problème : comment faire face à la concurrence anglo-saxonne sans indépendance économique ?

Résumé Depuis le 9 mars 1999, l’Agence France-Presse (AFP) a un nouveau Président- directeur général en la personne d’Éric Giuily. L’essentiel de son action a aussitôt porté sur la préparation d’un « plan stratégique de développement à cinq ans : 2000-2005 » qui a suscité, tout au long de l’année, non seulement des débats publics mais un profond conflit social. Au préalable, son élection aura résulté, une fois de plus, de négociations difficiles entre les pouvoirs publics et les syndicats patronaux de la presse. Elle s’est déroulée dans le contexte d’un psychodrame triennal dont la dimension publique aura été sans commune mesure avec les précédentes. Bien qu’on ne doute pas de leur réalité, on apprécie mal, en France, les effets économiques de cette situation auprès des clients de l’AFP dans le monde. En terme d’image de marque, de telles circonstances sont exploitées par les agences internationales concurrentes, en particulier les leaders que sont le groupe britannique Reuters et l’agence nord-américaine Associated Press. Elles n’hésitent guère, auprès de leurs propres abonnés, à qualifier l’AFP d’« agence gouvernementale », voire de « petite Tass » en aimable comparaison avec l’agence officielle de l’ex-URSS. Soumise à un intérêt relatif des médias français et, a fortiori, de l’opinion publique nationale, la quatrième agence mondiale (après Bloomberg) mais seule de culture et de tradition française, a donc été confrontée, une nouvelle fois, aux attaques commerciales sur sa crédibilité. Pourtant, l’AFP – créée sur les cendres de l’agence Havas à la Libération de Paris, le 20 août 1944 – dispose d’un statut lui garantissant son indépendance politique et, surtout, de journalistes – parmi les plus professionnalisés – qui défendent ce principe dans leurs pratiques rédactionnelles. L’agence demeure appréciée dans le monde par sa clientèle, soit environ 650 journaux, 400 entreprises audiovisuelles, et une centaine d’agences nationales de presse par lesquelles elle touche, indirectement, 10 000 autres médias dont l’audience globale est estimée par les services statistiques de l’agence à près de 2 milliards de personnes. Pour la France et les Français, elle demeure un vecteur exceptionnel de relations internationales mais aussi de culture. – Le sommaire de l’AFRI 2000