L’Europe et le schisme du projet communautaire

La crise économique née de l’éclatement de la bulle des subprimes, puis la crise des finances publiques des Etat membres de la zone euro ont accéléré la transformation de la gouvernance de l’Union économique et monétaire autour de la coordination des politiques budgétaires et de la régulation financière et bancaire. Cependant, ce renforcement accentue le décalage entre une zone euro toujours plus intégrée et une Union européenne à la recherche d’un second souffle. Cet article s’interroge sur la pertinence d’une telle Europe à deux vitesses. Il montre que le renforcement de la gouvernance de la zone euro est trompeur car les outils mis en place ont davantage servi à gérer la crise qu’à s’attaquer aux racines de cette dernière. La crise est née de déséquilibres économique inhérents au projet européen lui-même, l’ouverture des frontières favorisant la concentration géographique des forces productives et créant des inégalités territoriales. La crise de la zone euro apparaît comme un symptôme de l’incapacité de l’Union européenne à se constituer en un véritable projet politique. Pour éviter la fragmentation institutionnelle de l’Union, il est nécessaire de replacer la zone euro au cœur du projet européen, tout en réduisant les déséquilibres par davantage d’intégration, ce qui ne peut s’opérer qu’aux échelles plus réduites de la zone euro, voire de quelques Etats membres seulement.