La guerre israélo-palestinienne : entre risques d’extension, simple sortie de crise et vraies chances de paix

Résumé La confrontation aiguë qui oppose Israéliens et Palestiniens depuis septembre 2000 est largement médiatisée et donne lieu à des réactions préoccupées des grandes chancelleries comme des citoyens, notamment en Occident et dans le monde arabe. Pourtant, il n’apparaît pas évident que ce nouvel affrontement – et hélas assez meurtrier – incarne la véritable « poudrière » qu’on présente souvent. En trois années, la seconde Intifada n’a pas déclenché de bouleversements au Moyen-Orient, même si le risque de déstabilisation n’est jamais à exclure. Pour aboutir à une sortie de crise, deux conditions sont nécessaires : une intervention américaine déterminée d’une part – or, sous la présidence de George W. Bush on ne peut rien attendre de tel -, un changement de ligne stratégique des leaders israélien et palestinien d’autre part – mais Ariel Sharon et Yasser Arafat jouent chacun l’usure et les rapports de force. Et en dépit des échecs notoires de leur stratégie croisée, les deux leaders entendent manifestement la poursuivre. En définitive, la Feuille de route signée en juin 2003, grâce aux discours pragmatiques et novateurs dont elle a émané, doit continuer d’apporter un certain espoir de règlement. Parallèlement, l’initiative officieuse de Genève, conclue le 1er décembre 2003, offre les contours d’une possible paix à venir entre l’Etat d’Israël et un Etat de Palestine embryonnaire. En toute hypothèse et quoi qu’il advienne de la Feuille de route, un traité de paix définitif s’obtiendra moins par les utopies moralisatrices que sur la base du pragmatisme et des sempiternels rapports de force. – Le sommaire de l’AFRI 2004