Introduction

La rubrique « Politiques juridiques extérieures » a pour objet de revenir sur la pensée juridique de grands internationalistes, de s’intéresser au comportement normatif d’une puissance ou d’analyser la vie et l’oeuvre d’un instrument majeur de la régulation juridique des relations internationales. La présente livraison revient d’abord, dans une année de crises plurielles, sur la diplomatie d’un Etat pivot qui préside le G20 en 2015 : la Turquie. La géographie, la culture, le régime politique et les engagements internationaux de cette puissance régionale conduisent souvent l’observateur à la qualifier de « pont entre les civilisations ». Ce rôle a été particulièrement mis à l’épreuve ces derniers temps, qu’il s’agisse de la position d’Ankara au regard du programme nucléaire de l’Iran ou de la crise syrienne. Cette rubrique s’intéresse ensuite à l’une des deux figures – le diplomate et le soldat – qui structurent les relations interétatiques, selon la formule bien connue de Raymond Aron. Précisément, le régime juridique qui encadre l’action du diplomate, celui qui incarne l’Etat en temps de paix, semble évoluer, sinon muter au regard de la prise en compte de priorités renouvelées telles la lutte contre la corruption ou la protection des droits de l’homme….