La communauté internationale face à la piraterie en mer

La piraterie en mer fait partie des phénomènes de sécurité qui mobilisent plus l’imaginaire que le rationnel des hommes politiques comme des médias. Son analyse ne peut être pertinente et ouvrir des décisions adaptées que si elle sait s’affranchir des émotions et des phantasmes du forban médiéval, du flibustier des Caraïbes, du barbaresque de Méditerranée ou du pavillon noir de la rivière Rouge. La légende avait, en effet, préparé les médias modernes à accueillir avec inspiration le «militant ijaw»(1) comme le pirate somali. Ces nouveaux acteurs y ont connu une consécration qui fait de la piraterie un phénomène médiatique et politique mondial, capable de meubler des heures d’antenne, de faire passer cinq résolutions par an au Conseil de sécurité des Nations Unies, de mobiliser la plus grande armada depuis vingt ans, de contraindre à la modification du Code pénal dans deux dizaines de pays, d’initier la conception de nouveaux capteurs infrarouges, de faire progresser les armements non létaux ou les drones, etc.