La conception gaullienne de l’ordre européen

Résumé La vision gaullienne de l’ordre européen différait en grande partie des conceptions des partenaires du général. De Gaulle dénonçait l’hégémonie des deux superpuissances en proposant le rétablissement du « concert des puissances ». Il soutenait le développement de la construction européenne autour du couple franco-allemand, mais il rejetait la coopération supranationale, en prônant la création de « l’Europe des nations ». Soulignant l’importance de l’Alliance atlantique, il insistait dans le même temps sur la nécessité pour l’Europe d’être « européenne », c’est-à-dire indépendante des Etats-Unis. Critiquant l’expansion soviétique, il noua néanmoins une coopération avec l’URSS, et ce, dans le but de construire « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural ». Les changements survenus durant cette dernière décennie prouvent que la réalisation des conceptions gaulliennes n’était pas possible. Malgré cela, la pensée du général continue d’influencer la politique européenne de la France : ainsi, en 1989, le Président Mitterrand proposa de créer une « confédération européenne » qui devait permettre de surmonter la division du continent ; en 1992 la France accepta le Traité de Maastricht, mais elle rejette toujours la vision de l’Europe fédérale ; et ses dirigeants, tout en soulignant l’importance des garanties américaines, optent, comme auparavant, pour le développement de « l’Europe de la défense ». – Le sommaire de l’AFRI 2002