Le couple franco-allemand à l’épreuve de la crise de la mondialisation

La grande crise de la mondialisation a greffé sur une récession mondiale une déstabilisation des dettes souveraines propre au continent européen, qui met en péril la zone euro. Pour le monde développé, l’Europe en particulier, s’annonce une décennie de faible croissance et de chômage élevé en raison de l’impératif du désendettement. Le choc a touché la France et l’Allemagne à des moments très différents de leur développement. La première n’est jamais réellement sortie des chocs pétroliers des années 1970, notamment du fait de la permanence des déficits et du chômage de masse, tandis que la seconde a mené à bien sa réunification et redressé la compétitivité de son industrie. L’impact de la déflation fut asymétrique, la France limitant la récession grâce à l’envolée des déficits et de la dette publics avant de peiner à s’arrimer à la relance, alors que l’Allemagne, dont l’activité est gouvernée par les exportations, enchaînait une violente récession puis une brillante reprise. La crise a ainsi joué un rôle d’accélérateur de l’histoire, accentuant la divergence entre les modèles économiques des deux pays comme leurs désaccords sur la gestion de la faillite du système bancaire, les risques de défaut grec, les mesures de sauvetage et la gouvernance de la zone euro. Il n’en demeure pas moins que la sortie de crise comme le redressement de l’Europe passent par une relance de l’intégration du continent dont l’initiative ne peut être que franco-allemande, sous la forme d’un Agenda 2020 qui définisse des objectifs communs pour les deux nations comme pour l’Union.