Le renseignement, facteur de puissance ?

Résumé

L’activité de renseignement est aujourd’hui en pleine adaptation et mutation, notamment du fait de l’accroissement des préoccupations sécuritaires nées du changement d’ère politique de l’après- 11 septembre 2001. L’analyse de la contribution du renseignement à la politique de sécurisation des démocraties montre qu’il peut jouer, avec la diplomatie et l’emploi de la force armée, le rôle d’une « troisième option », alors même qu’il est souvent considéré comme la « dimension absente » des relations internationales. Ainsi se pose la question du renseignement comme d’un nouveau facteur de puissance ou d’influence des Etats sur la scène internationale. Afin d’analyser ces enjeux, trois axes ont été identifiés. En premier lieu, il convient de présenter et de comprendre l’essence même du renseignement au travers de ses caractéristiques, de ses liens avec l’Etat et de ses buts : on remarque ainsi qu’il s’inscrit véritablement comme un objet politique. Ensuite, on observe que l’activité de renseignement doit concilier parfois des logiques contradictoires : elle doit en effet se soumettre au principe d’efficacité tout en inscrivant ses moyens d’action dans un cadre légitime. Enfin, il faut envisager le développement d’un processus de coopération internationale en matière de renseignement : l’exemple européen démontre ainsi les difficultés, mais aussi les atouts apportés par ce passage à une échelle supranationale.

Le sommaire de l’AFRI 2008