Les commémorations du 6 juin 1944 et la politique étrangère française. Entre diplomatie et cinéma

Le 6 juin 1944 est l’événement historique le plus célébré au monde. Le caractère et l’ampleur inédits du débarquement, la manière dont il symbolise l’alliance entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et les démocraties européennes afin de libérer le continent du joug hitlérien sont reflétés à travers des commémorations dont la signification politique n’a cessé d’évoluer au fil des décennies. D’une célébration de la victoire sur l’Allemagne nazie, les commémorations deviennent une célébration de la solidarité atlantique, puis une exaltation de la réconciliation européenne et de la paix mondiale. Le refus du général de Gaulle de participer aux cérémonies aux côtés des Anglo-Saxons, le discours de la Pointe du Hoc de R. Reagan en 1984, la participation de l’Allemagne et de la Russie aux cérémonies à partir de 2004, les tensions suscitées par la guerre en Iraq marquent l’évolution des commémorations. Deux grands films, Le Jour le plus long et Il faut sauver le soldat Ryan façonnent eux aussi la mémoire collective du 6 juin. La commémoration de 2014 témoigne quant à elle de l’ampleur qu’ont prise les cérémonies, ainsi que de l’importance accordée à l’hommage aux vétérans, fil conducteur des visions nationales des commémorations du 6 juin.