Politique étrangère des États-Unis – Introduction

La politique étrangère des Etats-Unis peut-elle être distinguée des relations internationales dans leur ensemble? Quelles sont les questions pour lesquelles elle n’est pas en jeu et, sinon déterminante, du moins présente? De sorte que la présente rubrique pourrait, sans guère en changer l’intitulé, être dilatée à l’ensemble du volume. On peut aussi la réduire à son coeur, à ses éléments actuellement dominants, qui sont des éléments militaires. Sans doute de façon conjoncturelle – mais c’est là aussi un problème pour l’avenir et l’harmonie des rapports internationaux -, tout se passe comme si les approches guerrières avaient aux Etats-Unis pris le pas sur les approches diplomatiques. Raymond Aron, on le sait, voyait dans le diplomate et le soldat les deux visages des relations internationales. Pour l’instant – et les préoccupations sécuritaires américaines le justifient peut-être -, les Etats-Unis présentent surtout au monde un visage guerrier. 2005, avec la seconde présidence de George W. Bush, amorcera-t-il un retour à la diplomatie, que pourrait permettre une détente en Iraq et une solution pacifique du dossier nucléaire iranien? C’est toujours une conversion délicate à opérer que de passer des moyens militaires aux solutions politiques – comme aussi de savoir articuler la coercition avec le compromis, la pression avec la proposition. Il est cependant des questions politiques qui sont liées à l’usage de la force ou à ses perspectives, celle des alliances internationales d’un côté, celle du retentissement et des réactions internes qu’ils suscitent. Aussi les deux articles de cette rubrique traitent-ils respectivement de ces deux aspects : l’évolution de l’OTAN, entre logique d’alliance – ou logique de leadership – et logique de coalition – ou logique d’hégémonie; l’impact de la guerre en Iraq sur la scène politique américaine – tant il est vrai que, si les problèmes intérieurs d’un pays faible deviennent des problèmes internationaux, les problèmes internationaux deviennent les problèmes internes du pays dominant. – Le sommaire de l’AFRI 2005