Présidentielle 2012 : une Europe omniprésente, mais à son corps défendant

La campagne de 2012 possède une particularité : elle est la première campagne présidentielle française à avoir été véritablement européenne. On pourrait s’en réjouir si l’Europe n’avait pas été présente en creux, en négatif et comme à son corps défendant. Le scrutin présidentiel consacre la toute puissance d’un homme dans un pays, à l’heure où la prise de décision procède davantage de la négociation entre Etats et du compromis que de la prescription. Dans cette grand-messe nationale, chaque candidat se doit de traiter de thèmes qui souvent débordent le cadre des frontières. L’appartenance à l’Union oblige Paris à partager sa souveraineté, réduisant par là même considérablement les pouvoirs du chef de l’Etat français. Conséquence, les candidats peinent à parler d’Europe : les eurosceptiques font de l’Union la responsable de tous les maux du pays, espérant capitaliser sur son rejet par l’opinion, et les candidats favorables à l’intégration européenne s’efforcent de faire entrer cette thématique dans une campagne présidentielle qui reste un événement hautement national. Si l’idée de renoncer à l’Europe n’a jamais semblé autant irréaliste, jamais non plus l’Union n’aura été autant maltraitée qu’au cours de la campagne présidentielle de 2012.