L’ascension et le déclin de l’ASEM. Déséquilibres et limites de l’interrégionalisme

Résumé

Dans les années 1980, le dynamisme économique de l’Asie de l’est attira l’attention des dirigeants européens. La publication, en 1994, par la Commission européenne, de sa communication intitulée « Vers une nouvelle stratégie asiatique », puis la première réunion de l’ASEM à Bangkok en septembre 1996, désignèrent la première tentative paneuropéenne de l’UE d’entamer un dialogue avec la région panasiatique, considérablement moins structurée en terme d’institutions. Cependant, dans ces dix années de pratique, l’ASEM ne s’est pas montré à la hauteur des attentes initiales sur l’interrégionalisme, considéré pourtant comme un élément dans la gouvernance mondiale et multilatérale à plusieurs niveaux. Côté européen, cela reflète les tensions persistantes entre l’intergouvernementalisme et le supranationalisme en tant que modus operandi de l’Union européenne. Côté asiatique, cela démontre l’absence d’une région asiatique cohérente avec laquelle l’UE puisse dialoguer. Pris au piège entre le Charybde du multilatéralisme et le Scylla du bilatéralisme, le phénomène de l’interrégionalisme, engendré par la mondialisation, est, au mieux, une option de secours pour les dirigeants politique en Europe comme en Asie. Ainsi, sans base solide de développement des deux côtés, l’avenir de l’interrégionalisme euro-asiatique semble, même avec une vision optimiste, problématique.

Le sommaire de l’AFRI 2007

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