La crise de l’Etat dans l’Union Européenne

Résumé Depuis le début du processus d’intégration européenne, l’édifice en construction est basé sur un principe politique qui n’a jamais été remis en cause fondamentalement, celui selon lequel l’intégration ne peut se réaliser ou progresser sans impulsion des Etats membres. L’Etat est perçu comme une réalité intangible et stable sur laquelle repose l’édifice européen. Or, principalement depuis la fin de la guerre froide, cette image d’intangibilité et de stabilité est singulièrement ternie. Les constats se multiplient d’un Etat colosse aux pieds d’argile, fragilisé par des phénomènes comme la globalisation économique et l’accroissement des relations transnationales qui échappent à son contrôle. Désormais, les rapports entre l’Etat et l’Europe qui s’apparentaient auparavant à une équation à une inconnue, celle du devenir européen, laissent apparaître une équation est à deux inconnues, l’Etat et l’Europe. Si l’on part du postulat que les Etats sont et resteront dans un avenir prévisible les principaux vecteurs de toute évolution du processus européen, dans ce cas, comment trouver, donner ou redonner du sens à cette construction si les Etats qui en sont à la base sont frappés d’une crise de sens ? L’objet de la présente contribution consiste à préciser les contours de la crise que traverse l’Etat inscrit dans le processus d’intégration européenne, et, à partir de ce constat, de discerner dans quelle mesure une telle crise peut être résolue dans une refondation du sens de l’acteur étatique. – Le sommaire de l’AFRI 2001