La réforme de l’ONU, obsédante et impossible

Résumé Kofi Annan, aspirant à rester dans l’histoire comme un grand Secrétaire général des Nations Unies, a initié un énième processus de réforme de l’organisation internationale en mettant sur pied un rassemblement de sages. Ce Groupe de personnalités de haut niveau a produit un rapport très habile : au lieu de bouleverser le système, ce rapport contourne les obstacles majeurs à toute réforme. Par exemple, les États membres de l’ONU n’étant en aucune manière prêts à renoncer à leur droit souverain de faire la guerre, le rapport propose de dégager les critères d’un juste usage de la force militaire sous le contrôle du Conseil de sécurité. De toute manière, le processus de réforme a tourné court : les scandales financiers de l’ONU ont jeté le discrédit sur la gestion de Kofi Annan ; les États-Unis, sans le soutien desquels toute réforme de l’ONU est impossible, ne veulent pas d’une ONU indépendante et forte ; le Tiers-Monde réclame une place plus importante dans les mécanismes onusiens, mais étale tant de divisions, les plus grands États du Sud se disputant les sièges de membres permanents au Conseil de sécurité ; enfin, les États souverains, d’abord les grandes puissances, ne sont pas prêts à soumettre l’usage de la force à une autorisation internationale. – Le sommaire de l’AFRI 2006