Introduction. Science, hautes technologies et relations internationales

Loin des annonces désormais datées d’un nouvel ordre international, cette première décennie du XXI e siècle a conduit à bien des prises de conscience et semble en définitive inciter à plus de modestie. Depuis quelques années, le thème des global commons – des biens communs ou indivis est-on tenté d’écrire en français – semble gagner en visibilité, sinon en pertinence, dès lors qu’il s’agit de « gérer » la planète.

Deux thèmes véhiculent particulièrement cette idée : l’évolution de l’espace circumterrestre, sujet à de nouveaux projets sécuritaires qui font aujourd’hui débat ; et les transformations attestées ou présumées du climat global et les prises de position politiques et sociales qui les entourent. Dans les deux cas, il s’agit surtout de réorganiser des politiques internationales prises au dépourvu par des évolutions technologiques ou des progrès de la connaissance difficiles à quantifier, à maîtriser, voire à discerner. L’esprit de la globalisation souffle bien, avec comme conséquence, pour les gouvernements, de devoir assumer collectivement ces « biens communs », mais essentiellement par le biais de discours de principe nuancés par nombre de réserves affichées sur les détails.

Une première partie de cette rubrique est ainsi consacrée aux évolutions actuelles du domaine spatial circumterrestre, avec en premier lieu un regard porté sur l’Etat et les perspectives juridiques de l’observation de la terre par satellite. Un second texte est consacré à l’évolution de l’environnement spatial, lui-même enjeu possible de confrontations politiques, voire militaires, renouvelées, mais aussi source d’une activité diplomatique relativement nouvelle ou l’Union européenne veut trouver sa place, ce qui en soi constitue une novation majeure dans une activité en lente mutation sur la scène internationale.

La deuxième partie de cette rubrique revient sur les sources et les modalités d’un débat climatique mondial sans doute encore en chantier pour de nombreuses années. Bien sûr, il ne s’agit pas ici de prendre position sur des sujets scientifiques qui restent complexes. L’objectif des auteurs est plutôt de resituer l’importance des visions des parties en présence dans la conduite des discussions internationales. Un premier article examine ainsi de manière attentive les efforts de communication de part et d’autre et leur impact mesurable sur les opinions publiques, tandis qu’une présentation de la généalogie de cette confrontation complète l’éclairage de l’accord de 2010 intervenu à Cancun.