Le citoyen apathique. Quand les institutions étatiques ne reflètent pas les droits de l’homme avec cohérence

Résumé Certaines sociétés démocratiques connaissent actuellement une désaffection de la part des citoyens qui en sont membres. Le hiatus persistant qui existe entre l’action interne de l’Etat, fondée sur le respect des droits de l’homme, et son action internationale, fondée sur la défense rationnelle de ses intérêts, tend à provoquer un renoncement de la société civile face aux engagements internationaux de l’Etat qui les représente. L’apathie produite par la subsistance d’actions – et par conséquent d’institutions – non représentatives, dans une société fondée sur les droits universels, résulte cependant d’une perception erronée de la citoyenneté. Afin de remplir son rôle, la citoyenneté doit être conçue comme transcendant tout régime politique donné, parce que ce rôle est de défendre la justice. Une fois cette idée admise, l’un des premiers devoirs de la citoyenneté libérale est d’organiser la création d’institutions qui soumettent l’État à l’autorité des droits de l’homme dans l’ensemble de ses engagements. Ainsi, perçue correctement, la citoyenneté libérale devient à la fois cosmopolite et constructrice d’institutions cosmopolites. – Le sommaire de l’AFRI 2006